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Tenzin Wangyal Rinpoche

Silence, calme, vastitude par Tenzin Wangyal Rinpoche

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> Bouddhisme > Enseignements


Silence, calme, vastitude

Par Tenzin Wangyal Rinpoche

Le 2 janvier 2014

Lorsque vous êtes en proie àla confusion, lorsque vous vous sentez déconnecté, ou même dans un moment apparemment anodin, tournez votre attention vers l’intérieur. Sentez-vous le calme qui devient disponible ? Cela semble facile et donc peut-être pas très convaincant comme remède àla souffrance. Pourtant, cela peut prendre des années, voire une vie entière, pour opérer ce simple saut et découvrir ce qui devient alors disponible.

Certaines personnes n’y parviendront pas et continueront àpercevoir le monde comme une source potentielle de dangers et de menaces. Mais si vous êtes àmême de faire et de refaire ce chemin, cela peut transformer votre identité et votre expérience. Prendre conscience d’un moment d’agitation ou de nervosité et savoir qu’il y a une autre façon de vivre les choses – en tournant son regard vers l’intérieur et en entrant en contact avec le calme fondamental de l’être, c’est découvrir le refuge intérieur au travers du calme.

Lorsque vous tournez votre attention vers l’intérieur, il se peut que vous entendiez une cacophonie de monologues intérieurs. Tournez-vous vers le silence. Entendez simplement le silence qui est disponible.

La plupart du temps, nous n’écoutons pas le silence. Nous écoutons nos pensées – nous négocions, nous échafaudons des plans et nous sommes ravis lorsque nous parvenons àune bonne solution, nous trompant en prenant cela pour de la clarté. Parfois, nous nous efforçons de ne pas penser àquelque chose et d’évacuer cette chose de notre esprit, nous distrayant avec d’autres choses.Tout cela n’est rien d’autre que du bruit, une expression de la parole de souffrance.

Lorsque nous écoutons le silence disponible àchaque instant, que nous nous trouvions au milieu d’un aéroport bondé ou àtable avec nos proches, notre bruit intérieur s’éteint. Nous découvrons ainsi le refuge intérieur au travers du silence.

Lorsque vos pensées se bousculent, tournez-vous vers l’aspect vaste de l’esprit. La vastitude est toujours disponible parce qu’elle est la nature même de l’esprit – ouvert et clair. N’essayez pas de rejeter, de contrôler ou bloquer vos pensées. Laissez-les venir. Accueillez-les. Regardez-les pour ce qu’elles sont. C’est comme d’essayer d’attraper un arc-en-ciel : lorsque vous allez vers lui, tout ce que vous trouvez, c’est de l’espace. Vous découvrez ainsi le refuge intérieur au travers de la vastitude.

N’encouragez pas les pensées. Ne les rejetez pas non plus. C’est important. Si vous observez vos pensées directement, sans fard, elles ne peuvent pas s’entretenir. En revanche, si vous rejetez une pensée, c’est une autre pensée. Et cette pensée, ce n’est rien d’autre que l’égo qui joue au plus malin : « Je déjoue cette pensée en l’observant. Voilà !  ». Voilà, en effet. Vous voilàen train de vous parler, sous couvert d’observer vos pensées. L’esprit calculateur est celui qui crée notre souffrance.

Peu importe l’élégance et le raffinement de nos stratégies, elles ne sont jamais qu’une expression de l’esprit de souffrance. Alors au lieu d’élaborer une stratégie gagnante, il nous faut complètement revoir notre relation avec l’esprit de souffrance, en accueillant nos pensées, en les observant, puis en permettant àl’observateur de disparaître lui aussi.

Que reste-t-il alors ? vous demanderez-vous peut-être. À vous de le découvrir, par l’observation directe et sans fard. L’esprit qui s’interroge sur ce qui reste si l’on ne s’appuie pas sur la pensée ou sur l’observation de l’expérience ne peut pas découvrir la richesse de l’ouverture de l’être. Nous devons regarder directement notre esprit penseur, toujours occupé, pour découvrir le refuge intérieur de la vastitude et, ce faisant, l’esprit lumineux.

Tenzin Wangyal Rinpoche, Buddhadharma, Summer 2011.

Trad° : Françoise Myosen



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