Tous nos tissus, physiques et psychiques, sans début ni fin,
Qui traversent des myriades d’états depuis des temps sans commencement,
Mais parfois rejetés, piétinés, blessés, déchirés.
Loques ruminées par les bœufs - obsessions,
Loques rongées par les rats – rancunes,
Loques calcinées par nos passions – brà »lures,
Loques souillées par le sang des naissances et des morts.
Mais, dans la pratique profonde, accueillie sans commentaire ni jugement,
Indifférente à ses propres tourments, mais sensible aux tourments d’autrui,
S’opère le détachement des incrustations,
La teinture, imprégnation d’harmonie entre tous les êtres,
Et dans la pratique d’attention profonde à chaque instant, la couture des divisions séparées.
Surgit ainsi le Kesa aux mérites infinis, vêtement de libération,
Que nous portons au plus haut de notre être,
Et avec lui, l’enseignement de l’ouverture des yeux et du cœur sur la réalité,
Pour sauver tous les êtres.
De Jean-Marc Tenryu Bazy, Maître zen à Pierre Châtel, juin 2014