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Buddhaline: Le double accomplissement du bien d’autrui et de notre propre bien

Le double accomplissement du bien d’autrui et de notre propre bien

par Matthieu Ricard

Par Matthieu Ricard le 28 aot 2018

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On entend frquemment voquer les avantages personnels (sur le plan de la sant et du bien-tre physique et mental) du fait de faire le bien aux autres. Cette approche est de plus en plus souvent mise en avant dans les mdias et certains en concluent donc que tout cela n’est en vrit qu’une manire dtourne de promouvoir nos intrts personnels.

Dans l’mile ou de l’ducation, Jean-Jacques Rousseau distingue l’amour de soi (le dsir d’avoir une vie satisfaisante et le contentement que nous prouvons quand nos aspirations sont accomplies, dsir qui est tout fait compatible avec la bienveillance envers autrui), et l’amour-propre qui nous dicte de placer systmatiquement nos intrts avant ceux d’autrui.

Le fait d’prouver de la joie faire le bien d’autrui, ou d’en retirer de surcrot des bienfaits pour soi-mme, ne rends pas, en soi, un acte goste. L’altruisme authentique n’exige pas que l’on souffre en aidant les autres et ne perd pas son authenticit s’il s’accompagne d’un sentiment de profonde satisfaction. De plus, la notion mme de sacrifice est trs relative : ce qui apparat comme un sacrifice certains est ressenti comme un accomplissement par d’autres.

Certaines personnes dclarent volontiers : "J’ai beaucoup aid les autres et en ai retir une immense satisfaction. C’est eux que je dois remercier." Les Anglo-saxons parlent de warm glow, la douce chaleur intrieure qui accompagne l’accomplissement d’actes de bont. Certains en ont dduit que cela rendait goste un acte en apparence altruiste. Mais, il ne faut donc pas confondre la cause premire et les effets secondaires. Le fait d’prouver de la satisfaction en accomplissant un acte altruiste ne rend pas cet acte goste, car la recherche de cette satisfaction n’en constitue pas la motivation principale. vrai dire, si vous faites un calcul goste du type : "Je vais tre altruiste avec cette personne, parce que je me sentirai bien aprs", la joie ne sera pas au rendez-vous. La satisfaction nat de l’altruisme vritable, non de l’gosme calculateur. Herbert Spencer, philosophe et sociologue anglais du XIXe sicle, l’avait dj remarqu : "Les bienfaits personnels que l’on retire de l’accomplissement du bien d’autrui […] ne sont pleinement profitables que si nos actions sont rellement dpourvues d’gosme." (1)

Qui plus est, la recherche du bonheur goste semble voue l’chec pour plusieurs raisons. Tout d’abord, du point de vue de l’exprience personnelle, l’gosme, n du sentiment exacerb de l’importance de soi, s’avre tre une perptuelle source de tourments. L’gocentrisme multiplie nos espoirs et nos craintes et nourrit les ruminations de ce qui nous affecte. Dans la bulle de l’ego, la moindre contrarit prend des proportions dmesures.

La deuxime raison tient au fait que l’gosme est fondamentalement en contradiction avec la ralit. Il repose sur un postulat erron selon lequel les individus sont des entits isoles, indpendantes les unes des autres. L’goste se dit en substance : " chacun de construire son propre bonheur. Je n’ai rien contre votre bonheur, mais ce n’est pas mon affaire." Le problme est que nous ne sommes pas des entits autonomes et notre bonheur ne peut se construire qu’avec le concours des autres. Mme si nous avons l’impression d’tre le centre du monde, ce monde reste celui des autres.

Si l’gocentrisme est une constante source de tourments, il en va tout autrement de l’amour altruiste, qui s’accompagne d’un profond sentiment de plnitude. C’est aussi l’tat d’esprit qui dclenche l’activation la plus importante des aires crbrales associes aux motions positives. On pourrait dire que l’amour altruiste est la plus positive de toutes les motions positives. De plus, l’altruisme est en adquation avec la ralit, savoir le fait que nous sommes foncirement interdpendants. En comprenant quel point notre existence physique, notre survie, notre confort, notre sant, etc. dpendent des autres, il devient facile de nous mettre leur place, de respecter leurs aspirations et de nous sentir concerns par l’accomplissement de leurs aspirations.

L’amour, l’affection et le souci de l’autre sont, long terme, essentiels notre survie. Le nouveau-n ne survivrait pas plus de quelques heures sans la tendresse de sa mre ; un vieillard invalide mourrait rapidement sans les soins de ceux qui l’entourent.

Note

Spencer, H. (1892). The principles of ethics (Vol. 1). D. Appleton and Co, p. 241, 279.



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