BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter Buddhaline

Même rubrique

La chronobiologie : notre horloge biologique interne - Marie-Pierre Bécas
Les méfaits du tabac - Sa Sainteté Dudjom Rinpoche
Combattre le stress - Marie-Pierre Bécas
Le toucher, des effets thérapeutiques importants, sans que ce soit son objectif - Tony Neuman
Massages, onctions et frictions : mode d’emploi - Alexandre Koehler
Le Tao du sommeil - Georges Charles
Le Feng Shui des couleurs - Georges Charles
Autres textes
Comment créer un climat de confiance ? - Meryem le Saget
Noë l, fête des symboles - Anne Tardy
Les réseaux de la compassion : services d’assistance médicale et d’accompagnement de la FPMT -
De l’ american way of life pour tous àla recherche en commun d’alternatives - Jacques Bastin
Le tantra, l’union, l’équerre et le compas - Nicolle Vassel
L’art du tir àl’arc - Eugen Herrigel
La prière aide-t-elle àvivre ? - Tareq Oubrou
Michèle Béran

Le Roi Guésar de Ling ou l’art du guerrier par Michèle Béran

Bookmark and Share
- imprimer

> Intégration > Art de vivre > Bien être


Des moines heureux : La vie au nouveau Monastère de Thupten Mindolling en Orissa, Inde

Par Michèle Béran

La vie au nouveau Monastère de Thupten Mindolling en Orissa, Inde

Partager la vie de deux cents jeunes moines dans le monastère de la lignée RIPA, c’est l’expérience qu’ont vécue plusieurs étudiants occidentaux de Son Eminence Tertön Namkha Drimed Rabjam Rinpoché et de Gyétrul Jigmé Rinpoché. Un vrai bonheur de chaque instant.

La découverte du site est un véritable émerveillement. Le temple et les chambres des moines forment une vaste enceinte spacieuse, sécurisante et àla fois ouverte. L’atmosphère y est faite de paix, de douceur, de gentillesse, de chaleur humaine et de fraternité. Ce qui n’empêche pas, loin de là, le mouvement, les rires et parfois même un peu d’agitation. Des plus jeunes moines - quatre ans environ - aux plus grands en passant par les adolescents, tout respirent la joie de vivre. Ils sont curieux de tout, ouverts sur la vie, pleins d’imagination et de dynamisme. Tout est fait pour qu’ils grandissent et évoluent àleur rythme, en fonction de leur personnalité et de leurs intérêts. C’est particulièrement vrai pour les plus jeunes qui ne sont encore engagés dans aucune activité. Si l’un d’entre eux s’intéresse aux tormas, il pourra s’installer avec le groupe des moines qui réalise ces objets rituels tantriques ( de véritables œuvres d’art parfois ) et, pendant que les grands font « leur travail  », il inventera ses propres modelages : chevaux, fleurs, etc, en étant souvent entouré de quelques enfants du village. Un autre jeune moine s’intéresse àl’encensoir et la diffusion de l’encens ? C’est sous l’œil vigilant et maternel du « chopen  », le maître des rituels, qu’il s’entraînera àdiffuser l’encens dans le temple vide. Lorsqu’un rituel est accompagné de musique, on peut voir plusieurs petits moines s’installer aux côtés des musiciens et parfois même de « l’oumzé  », le maître de chant. Tout près des gongs, des cymbales, des flà»tes et des longues trompes, ils s’absorbent totalement dans les vibrations sonores tout en observant comment leurs grands amis jouent des instruments.

Profondément respectueux de la personnalité, du potentiel et du rythme de chacun des moines, les maîtres de la lignée RIPA sont aussi très attentifs au développement de leur autonomie, de leur responsabilité individuelle et cela, dès leur plus jeune âge. Un autre grand principe de base de cette éducation pleine d’amour et de compassion, c’est l’attention, l’entraide et le soutien que chacun apprend àapporter àl’autre, àtous les autres. Lorsqu’un petit moine s’adresse àun plus grand ou un adulte, il est toujours bien accueilli. On l’écoute et il reçoit une réponse, une explication, un conseil ou un soutien. Remarquablement entourés par les grands qui les guident avec une belle affection tendre et maternelle, les plus jeunes découvrent la vie en société et le bouddhisme en prenant modèle sur leurs aînés. Cette dimension profondément humaine est certainement l’un des secrets de la joie de vivre générale que nous observons et qui nous gagne. La preuve, ce sont les rires qui fusent un peu partout. Ici quasiment pas de pleurs, même de la part des plus petits.
Ces principes fondamentaux se retrouvent concrètement dans un quotidien bien rempli et bien organisé. De 5h30 le matin à22h30 le soir, la journée est rythmée par une succession remarquablement équilibrée de séquences d’enseignement, d’études, de pauses, de repas, de récréations, de pratiques, de pujas … Une répartition subtilement harmonieuse que nous définirions dans nos pays comme des rythmes scolaires totalement respectueux de l’équilibre des jeunes et de leur développement. Tout le monde est debout dès 5h30. Une fois levés, les plus grands se dirigent vers la puja du matin alors que les plus jeunes vont en classe jusqu’à7h. Cette première séquence est suivie d’un petit-déjeuner et d’une pause jusqu’à9h. Puis tout le monde va en cours. Mais ici, aucune classe d’âge, chacun suit le niveau qui lui convient. Tous les âges sont mélangés. Ceux qui, parmi les très jeunes assimilent rapidement peuvent se retrouver avec des grands dans des groupes de niveaux déjàavancés. Au contraire, certains grands suivent des niveaux moins avancés. Et visiblement cela ne pose aucun problème àpersonne ! L’important c’est que chacun fasse de son mieux, àson niveau et àson rythme. A côté des disciplines comme l’écriture, la lecture, l’apprentissage du tibétain, les textes àmémoriser, les prières, la philosophie, etc … Tous, sans aucune exception, font aussi l’expérience de l’ensemble des activités nécessaires au monastère. De l’épluchage des légumes au ménage de leur chambre en passant par l’entretien du temple, la distribution du « quatre heures  » avec thé et petits pains, chacun va vraiment tout expérimenter, tout découvrir. Et en ce qui concerne les rituels, tous apprennent le moment venu àjouer de tous les instruments de musique, àfaire des tormas. Certains pourront même faire partie de ceux qui se déplacent àla demande dans les familles pour faire une puja ou qui répondent au nom du monastère, àdes sociétés souhaitant bénéficier d’un rituel dans leurs murs pour lever certains obstacles préjudiciables àl’entreprise et aux personnes qui y travaillent.

De retour en occident et encore tout imprégnés de cette expérience unique qui nous a permis de passer plusieurs mois dans un monastère ouvert, chaleureux, accueillant, au sein d’une communauté d’où émane une force spirituelle hors du commun, nous comprenons que S.E Tertön Namkha Drimed Rabjam Rinpoché et Gyétrul Jigmé Rinpoché adaptent ces mêmes grands principes àleurs enseignements et leurs rencontres avec les étudiants de l’ouest. Ils nous transmettent cette grande tradition spirituelle subtilement mise àla portée de notre condition occidentale. A chacun de comprendre, de faire ses propres expériences et de s’ouvrir aux autres… Le bouddhisme c’est aussi un véritable art de vivre et un grand art de la transformation intérieure.








Buddhaline

E-mail: Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard