BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter Buddhaline

Même rubrique

Noë l, fête du corps - Anne Tardy
Prérogatives de la papauté - Jean-Pierre Sara
Jésus et les esséniens - Jean-Pierre Sara
Entretien avec soeur Emmanuelle - Annie Jeanneret
La pratique théologique dans un monde sécularisé - Jean-Marie Lustiger
Noë l, une fête de l’amour - Anne Tardy
Judas l’incompris - Jean-Pierre Sara
Autres textes
Énergie en montagne : la voie solaire - Denis Blamont
La paix entre les religions - Vénérable Parawahera Chandaratana
Une vision Islamique de la mort - Docteur Abdallah
Le Sujet de l’Histoire - Patrick Foster
La lithothérapie déchélatrice - Alexandre Koehler
Pour un humanisme générique - Jean Chesneaux
L’accompagnement, un chemin spirituel - Association Semdrel
Anne Tardy

L’intériorité ou la quête personnelle par Anne Tardy

Bookmark and Share
- imprimer

> Intégration > Spiritualité > Christianisme


Noë l, fête des symboles

Les rituels de Noë l sont nombreux et populaires. Du houx sur la porte aux sentons ... A quand remontent-ils ? Qui connaît encore le sens de ces gestes avec cérémonie que l’on pratique en famille chaque année ?

Par Anne Tardy

La crèche

La crèche n’est pas une invention. Elle apparaît dans les Evangiles. Luc rappelle que Marie coucha Jésus dans la mangeoire d’une étable. En revanche, la représentation de la crèche est beaucoup plus récente. La crèche, qui symbolise la grotte de Bethléem, sera mise àl’honneur par St François d’Assise, héraut de la pauvreté évangélique et ami des animaux et de la nature. La tradition fait en effet remonter la première crèche à1223 : François aurait, le premier, fait célébrer la messe de minuit àGreccio, en Ombrie ( Italie), devant une étable. Plus tard, au Moyen-Age, des crèches vivantes étaient présentées sur les parvis des églises lors des offices religieux. A partir du XVIè siècle, les premières crèches d’églises, statiques, les remplacèrent. Il fallut attendre le XVIIIè siècle pour qu’apparussent les crèches familiales. La coutume veut que le plus jeune de la famille, aux douze coups de minuit, dépose Jésus sur le foin de la mangeoire. Jésus est emmailloté dans des “ langes ” : ils rappellent les linges du tombeau. Une nuit sacrée et une invitation au recueillement.

Le sapin de Noë l

On en retrouve la première trace, semble-il, vers les années 615. Le moine irlandais, Saint Colomban, était venu en France pour ouvrir des monastères. Un soir de Noë l, découragé devant l’indifférence des villageois, il eut l’idée de couper un sapin, seul arbre encore vert àcette époque de l’année. Il garnit les branches de torches. Cela intrigua tout le monde. Le village accourut et le moine prêcha la naissance de l’enfant Jésus.

L’arbre de Noë l proprement dit apparaît en Alsace au XVIè siècle : un sapin est alors placé dans le chœur des églises d’Alsace où il représente l’arbre du Paradis. Il est garni de pommes, qui rappellent les fruits de la tentation et d’hosties, qui figurent les fruits de la Rédemption. Il s’est ensuite enrichi d’angelots, d’étoiles en papier et de multiples décorations. En retenant l’arbre du Paradis comme symbole des festivités de Noë l, l’Eglise établit une correspondance entre la création de l’humanité, en Adam et Eve, et la naissance de Jésus, nouvel Adam venu régénérer cette humanité.

Traditionnellement, le sapin se décore la veille de Noë l, en famille.

La tradition de la messe de minuit remonte au Ve siècle.

Pourquoi minuit ? L’heure a été inspirée du Livre de la Sagesse 18,14-15 :

“ Tandis qu’un silence paisible enveloppait toute chose et la NUIT parvenait au MILIEU de sa course rapide, du haut des cieux, ta Parole toute puissante s’élança du trône royal(…) ”. La venue nocturne du Christ, astre venu du Levant selon les évangélistes, n’est pas innocente : pour les chrétiens, Jésus est venu apporter la lumière.

St Nicolas et le père Noë l,

De tous temps - déjàdans l’Antiquité ! -, le solstice d’hiver a été l’occasion de s’offrir des cadeaux.

L’ancêtre du père Noë l est St Nicolas (un évêque d’Asie mineure auquel on attribue notamment la résurrection de trois petits garçons) qui se vit confier la jolie mission de récompenser les enfants sages... La légende faisait de lui le protecteur des enfants. Le jour de sa fête, le 6 décembre, il va, déguisé en évêque, de toit en toit déposer des cadeaux devant les cheminées. En contrepartie, les enfants laissent dans leurs souliers des carottes et du foin pour nourrir son âne. Il est parfois accompagné du père fouettard chargé de punir les enfants désobéissants. Plus tard, Jésus le remplace – bien que le culte de St Nicolas reste très vivant en Alsace-Lorraine et en Flandres-.

Saviez-vous que le père Noë l est de nationalité américaine ? En effet, il vit le jour aux Etats Unis au XIXè siècle. Il pénétra en Europe après la première guerre mondiale et supplanta définitivement le “ petit Jésus ” dont la vocation, somme toute, n’est pas celle-ci. L’apparition du père Noë l, profane, arrangea vite les commerçants et tous ceux qui entendent fêter Noë l sans connotation religieuse.

Le gui et le houx

Leur symbolisme respectif, antérieur au christianisme, a aisément trouvé sa place dans les traditions chrétiennes de Noë l. Chez les gaulois, le gui était une plante sacrée àlaquelle on attribuait des pouvoirs de guérison et de protection contre les mauvais sorts. C’était “ la plante qui guérit tout ”, symbole d’immortalité et de régénération physique. Deux ennemis qui se rencontraient sous un gui devaient faire une trêve. C’est ainsi qu’il est peu àpeu devenu symbole d’hospitalité. De même, on attribuait au houx un pouvoir contre la foudre. Le christianisme y vit un rappel du buisson ardent et de l’amour de Dieu dans le cœur de Marie. Il évoque par ailleurs la couronne d’épines du Christ. Aujourd’hui, au moment des fêtes, ils ont leur place au-dessus de la porte pour faire du foyer un lieu de paix.

Votre prochain rendez-vous  :

Noë l, fête du corps : de l’Incarnation àla fête des sens…

Décembre 2000








Buddhaline

E-mail: Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard