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Dr Yeshi Donden

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Les règles diététiques de la médecine tibétaine

Conseils avisés du Dr Yeshi Donden, médecin personnel du Dalaï-Lama, auteur du livre « la santé par l’équilibre"

Par Dr Yeshi Donden

L’alimentation, même si elle est associée àdes plaisirs sensoriels, est essentiellement un carburant destiné àse transformer en énergies pour cette machine complexe qu’est l’organisme humain. De même que le sommeil est nécessaire au corps, le jeà»ne ou la monododiète permet de mettre au repos les fonctions métaboliques. Conseils avisés du Dr Yeshi Donden, médecin personnel du Dalaï-Lama, auteur du livre « la santé par l’équilibre"- Edit. Trédaniel.

AIbert Einstein, lui-même l’avait écrit "Rien ne peut être aussi bénéfique àla santé humaine et augmenter les

chances de survie de la vie sur terre que d’opter pour une diète végétarienne".

Tous les physiologistes sérieux sont unanimes àce sujet : jeà»ner, sous certaines conditions, permet d’éliminer les toxines du corps et de le régénérer. C’est une des clés de guérison en usage depuis l’Antiquité dans la plupart des civilisation d’Orient et d’Occident. Recommandé souvent, imposé parfois comme méthode spirituelle, le jeà»ne de courte durée passe pour apaiser le corps et le mental, tout en augmentant les capacités de vigilance.

Le Dr Yeshi Donden, médecin personnel du Dalaï-Lama est né en 1929 àNamro, village du Tibet central. A l’âge de vingt ans, au terme de neuf années d’études suivies au monastère de médecine de Chagpori, Yeshi Donden réussit brillamment ses examens et, comme le veut la tradition, étant le meilleur élève de sa promotion, fut nommé "médecin personnel de Sa Sainteté". Un titre honorifique qui récompense l’élite médicale. Dès 1951, le Dr Donden commença àexercer dans sa région natale et acquit très vite une grande réputation d’efficacité. Mais en 1959, lorsque le Dalaï-Lama prit le chemin de l’exil, il décida de l’accompagner pour s’occuper des réfugiés tibétains en Inde. Après avoir fondé le Centre médical tibétain àDharamsala il revint àla pratique privée en 1969. Il se partage actuellement entre ses activités de thérapeute en Inde et de fréquents voyages en Occident pour y donner des conférences sur la médecine tibétaine notamment àl’Université de Virginie aux Etats-Unis.

Après préparation physique et mentale, le jeà»ne reste soumis àdes conditions spécifiques sous contrôle d’une personne qualifiée. Lorsque l’on sort du jeà»ne, des précautions sont àprendre. "On doit manger de la nourriture légère, quelque chose de facile àdigérer, comme de la soupe de riz, précise le Dr Yeshi Donden. Au Tibet, du cinquième jour du troisième mois, au seizième jour du quatrième mois, il peut y avoir deux ou trois cents personnes qui jeà»nent. Avant le lever du soleil, vous vous levez, vous lavez, et faites les récitations religieuses coutumières. Puis nous faisons les récitations ensemble ce premier jour, et nous récitons le mantra ; àpart la récitation du mantra, nous ne disons rien. Ce jour là, non seulement vous ne mangez rien, mais vous ne buvez plus rien du tout. Ainsi vous ne crachez pas. Vous passez la journée àréciter des textes, des mantras, àméditer. Puis, la nuit, vous allez vous coucher, et le lendemain matin, vous prenez du yogourt aigre ou du jus de citron avec un petit peu d’eau. Puis vous faites vos récitations, buvant du thé tibétain avec du sel, du lait, et du beurre. Au lever du soleil, vous pouvez prendre une soupe de nouilles et boire du thé pendant la journée. A midi, vous mangez assez pour vous remplir l’estomac. Puis, jusqu’àce que vous vous couchiez, vous ne prenez plus rien.

Le lendemain matin, vous prenez seulement du thé avec du sel, du lait, et du beurre ; vous ne parlez pas, sauf pour réciter ; vous faites aussi de nombreuses prosternations devant le Bouddha, la Doctrine, et la Communauté spirituelle. Puis le lendemain matin, vous prenez du thé quand vous vous levez, mais aussi, au lever du soleil, vous prenez une soupe de nouilles avec de la viande. Ainsi, vous prenez une soupe de nouilles chaque jour du mois. Le matin des jours où vous mangez, vous prenez de la soupe de nouilles, et àmidi vous mangez un peu, par exemple, de l’orge grillée et mélangée àdu liquide pour en faire une pâte qui sera frite. On met dessus du beurre fondu, et de la mélasse ; cela pour ne pas générer de vent, car, lorsque vous jeà»nez, vous avez tendance àavoir plus de vent.

Selon votre condition physique, vous pouvez tenir avec un mélange d’eau et de jus de citron pendant peut-être trois jours, mais plus vraisemblablement, deux jours ou un seul. Mais tenir dix jours de cette façon est une situation complètement différente, qui relève des pratiques religieuses ; or je parlais du jeà»ne àdes fins physiques.

Le meilleur moment pour jeà»ner, c’est au printemps, ou juste àla période entre automne et hiver. En hiver, parce qu’il fait froid, vos pores tendent àse fermer, et les substances flegmatiques restent dans le corps. Au printemps, elles commencent àfondre et, ainsi, le printemps est une bonne époque pour jeà»ner et s’en débarrasser. La période entre l’automne et l’hiver, est celle où les fruits et légumes, etc., ont mà»ri, et où leur vertu retourne au sol. De même, sur le plan intérieur, vous jeà»nez, pour faire que les éléments onctueux sèchent. Grâce àcela, l’intérieur et l’extérieur sont en harmonie.

Tout le monde ne doit pas pratiquer le jeà»ne ; les personnes dominées par le vent ne doivent pas jeà»ner. Ceux qui peuvent faire usage du jeà»ne, ce sont les gens "flegmatiques" par nature, et qui ont un excès d’huile (selon les principes de la médecine ayurvédique).



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