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Dzongsar Khyentse Rimpoche

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> Bouddhisme > Enseignements


Le thé et la tasse àthé

Par Dzongsar Khyentse Rimpoche

Les pièges culturels du Bouddhisme sont comme la tasse et les vérités centrales sont le thé, dit Dzongsar Khyentse Rimpoche. Nous ne devrions pas confondre les deux.

Les quatre sceaux du Dharma [1] sont comme le thé, alors que les moyens d’actualiser ces vérités – pratiques, traditions, et pièges culturels- sont comme une tasse. Les moyens et les méthodes sont observables et tangibles, mais pas la vérité. Le défi est de ne pas se laisser emporter par la tasse. Les gens ont plus tendance às’asseoir bien droits dans un endroit tranquille sur un coussin de méditation, plutôt que regarder ce qui vient en premier, que ce soit demain ou la prochaine vie.

Les pratiques extérieures peuvent être perçues, alors l’esprit va vite les appeler « Bouddhisme  » alors que le concept « Toutes les choses composées sont impermanentes  » n’est pas tangible et donc est difficile ànommer. C’est drôle, parce que l’évidence de l’impermanence est tout autour de nous, pourtant elle ne nous est pas évidente.

L’essence du Bouddhisme est au-delàde toute culture mais elle est mise en pratique dans différentes cultures, qui utilisent leurs traditions comme la tasse dans laquelle on verse les enseignements. Si ces éléments culturels aident les êtres sans causer de mal, et s’ils ne contredisent pas les enseignements, alors Siddharta les encouragerait.

A travers les siècles, on a produit tant de marques et de formes de tasses différentes, mais, qu’elles soient produites avec les meilleures intentions, ou qu’elles remplissent leurs fonctions le mieux possible, elles deviennent un obstacle si nous oublions le thé qui est dedans. Même si leur but est de contenir cette vérité, nous avons tendance àregarder davantage les moyens que le résultat. Alors on marche avec une tasse vide, ou en oubliant de boire le thé. Nous, êtres humains, nous avons tendance àêtre fascinés, ou pour le moins distraits, par les cérémonies, les couleurs des pratiques culturelles bouddhistes. L’encens, les bougies, sont attirants et exotiques ; l’impermanence et le non -ego ne le sont pas. Siddharta lui-même a dit que le meilleur moyen de rendre hommage est de simplement se souvenir de l’impermanence, de la souffrance des émotions, de la non-existence des phénomènes, et du fait que le nirvana est hors de tout concept.

Maintenant que le Bouddhisme fleurit àl’Ouest, j’ai entendu parler de personnes qui altèrent les enseignements du Bouddha pour qu’ils aillent avec la façon moderne de penser. Si quelque chose devait être adapté, ce serait les rituels et les symboles, mais pas la vérité elle-même. Le Bouddha lui-même a dit que la discipline et les méthodes devraient être adaptées de façon appropriée au temps et au lieu. Mais les quatre vérités n’ont pas besoin d’être adaptées ou modifiées – ce qu’il est de toute façon impossible de faire.

Vous pouvez changer la tasse, mais le thé reste pur.Après avoir survécu 2.500 ans, et parcouru des dizaines de milliers de km, de l’Arbre de la Bodhi en Inde jusqu’àTimes Square àNew York, le concept « Toutes les choses composées sont impermanentes  » s’applique toujours. L’impermanence est toujours l’impermanence àTimes Square. Vous ne pouvez pas faire bouger ces quatre règles ; il n’y a pas d’exception, ni sociales ni culturelles.

Dzongsar Khyentse Rimpoche (extrait dans Buddhadharma du livre What Makes You Not a Buddhist)

Notes :

[1] Les quatre sceaux du Dharma, qui marquent tous les enseignements bouddhistes : tous les composés sont impermanents, sujets àla souffrance, n’ont pas de soi ; la réalité suprême est le Nirvana. . Les enseignements qui ne contiennent pas ces quatre sceaux ne sont pas considérés comme bouddhistes ; cela est vrai pour toutes les écoles.



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