BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter Buddhaline

Impermanence
Le Dharma en deux mots - Dzongsar Khyentse Rinpoché
Bodaïshin : l’aspiration àl’éveil - Pierre Crépon
Brève présentation du bouddhisme - Sa Sainteté le Dalaï Lama
Le sublime échange du bonheur et de la souffrance - Dilgo Kyentsé Rinpoché
Questions àSa Sainteté Sakya Trizin - Sa Sainteté Sakya Trizin
Le Yi King, un oracle de l’impermanence - Guadalupe Nettel
L’approche de la mort dans le bouddhisme - Vénérable Parawahera Chandaratana
Même rubrique

Trouver l’espoir face àla mort - Christine Longaker
Les réseaux de la compassion : services d’assistance médicale et d’accompagnement de la FPMT -
Les émanations féminines du Bouddha médecin - Terry Clifford
Sogyal Rinpotché : apprivoiser la mort, c’est apprendre àvivre - Jean-Pierre Chambraud
L’échange humain et l’acte d’amour - Philippe Labro
Méditation de Powa pour le moment de la mort - Eicie Hursthouse
Foi et médecine - Damon Adams
Autres textes
Les vertus médicinales des feuilles de thé - Jean-François Gantois
Temps libre et intégration sociale : réussir l’éducation au XXIème siècle - Georges Friedrich
Des moines heureux : La vie au nouveau Monastère de Thupten Mindolling en Orissa, Inde - Michèle Béran
Une nouvelle culture pour un agir renouvelé - Réseau Cultures
La guérison ultime - Lama Zopa Rinpoché
L’accompagnement, un chemin spirituel - Association Semdrel
La Vacuité - John Blofeld
Association Semdrel

Bookmark and Share
- imprimer

> Intégration > Art de vivre > Accompagnement spirituel


Les derniers instants de la vie

Par Association Semdrel

Lorsque nous côtoyons une personne en fin de vie, nous avons souvent tendance àchanger notre comportement àson égard, comme si une personne approchant la mort, n’était plus tout àfait un être vivant. Or, il est important de se rappeler, dans toute démarche d’accompagnement, qu’un être en fin de vie est un être vivant àpart entière, un être unique dans son vécu, dans son rythme et son ressenti.

Les besoins du malade

Il a les mêmes besoins affectifs et relationnels, il a notamment besoin de vivre des liens significatifs qui donnent sens àl’instant et qui le relient aux autres, ce d’autant qu’il se sent démuni, en retrait social.
Si sa dignité n’est pas àremettre en question, le sentiment de dignité semble parfois perdu. La dépendance, l’altération physique, les troubles psychologiques, parfois même la confusion mentale, provoquent ce sentiment. De ce fait, le plus grand respect dans les gestes, les attitudes et les paroles, le souci de la pudeur, de l’apparence et le soulagement de la douleur restituent ce sentiment de dignité.
De même, il est important de respecter son besoin de responsabilité sur sa vie et ce malgré les apparences. Les comportements infantilisants, le fait de parler, d’agir, de décider àsa place vont entretenir la baisse, voire la perte de l’estime de soi.
Le respect de ses convictions philosophiques et spirituelles, de ses choix éthiques, de ses priorités est indispensable, il est le garant d’un accompagnement juste.
La fin de vie est une période de bilan, de relecture de sa vie, d’analyse des échecs et des réussites, le besoin de comprendre et de se réconcilier nécessite une présence attentive, une écoute chaleureuse et sans jugement.

Les besoins de l’entourage

La personne en fin de vie est une personne en souffrance, c’est une évidence, mais les proches, la famille et les amis, vivent aussi une souffrance, souffrance différente en fonction des liens affectifs et relationnels.
Puisque chaque être est unique, chacun va vivre la situation àsa façon et les décalages, les incompréhensions vont être source de difficultés àcommuniquer, beaucoup de non-dits prennent place pendant cette période.
Alors que la souffrance et l’angoisse ont la même intensité que celle de la personne en fin de vie, comment dire sa tristesse, ses peurs, sa douleur face àelle ? C’est souvent bien difficile, les mots manquent et la peur de blesser, d’attrister l’autre est une entrave àl’échange. La souffrance de l’autre fait écho àla notre et nous rend peu disponible àl’écoute. Un sentiment d’incompréhension peut ainsi prendre place et rendre les relations difficiles àvivre.
La fin de vie d’un être cher nous confronte également ànos peurs, peur de la maladie, de la mort, des circonstances de la mort, de la douleur, de la dégradation physique et mentale et nous met face ànotre impuissance et ànotre solitude. Tous ces sentiments ont besoin d’être dits, exprimés, entendus, et un accompagnement, une écoute s’avèrent nécessaires, parce qu’ils permettent de s’accepter, de mieux comprendre sa propre situation et celle de l’autre, et d’ainsi d’être mieux présent aux besoins du malade.

Les moments du mourir

Fruit de diverses rencontres, réflexions et approfondissements àla lumière du dharma, Semdrel propose une lecture, une compréhension de ces moments du mourir. La fin de vie, le processus du mourir, de l’annonce de la maladie grave àl’agonie, est une suite d’étapes, de phases, plus ou moins expérimentées, qui se suivent, se mêlent, se superposent, dans un ordre et une intensité variables.

Comme pour le processus du deuil, la lecture de ces phases, de ces moments du mourir, sont des points de repère pour une meilleure compréhension du vécu de la personne en fin de vie, et il est important de se rappeler que chacun va l’expérimenter àsa façon, àson rythme, en fonction de ses tendances et de l’état émotionnel de l’instant.
Trois grandes phases vont ainsi être rencontrées, le refus de l’impermanence, la confrontation àl’impermanence, et l’acceptation de l’impermanence.

Le refus de l’impermanence

Dans un premier temps, àl’annonce de la maladie grave, l’incrédulité, le choc vont prendre place, entraînant une anesthésie émotionnelle. Le déni, le refus de la situation sont en fait un mécanisme de défense, une protection inconsciente face àune réalité impossible àintégrer. Cette phase, dont il est nécessaire d’en comprendre le mécanisme, est importante àrespecter car cela permet une première intégration intellectuelle.
Après ce premier temps de sidération, certains comportements peuvent être expérimentés. Les comportements obsessionnels se manifestent par une exigence de tous les instants, une critique remettant en question les soins, les traitements. C’est en fait une tentative de contrôle de l’angoisse, qui passe par un contrôle sur les objets extérieurs, et qui donne l’illusion d’un pouvoir sur l’extérieur alors qu’on se sent dépossédé de tout.
On rencontre également des comportements régressifs, perçus comme infantiles, refuge momentané que la personne vit en se laissant prendre en charge, et qui sont en fait la manifestation du refus inconscient de faire face àla mort àvenir.
Expression d’une grande souffrance, ces comportements sont souvent difficiles àvivre pour l’entourage, mais autoriser ces passages, en y mettant des limites, permet au malade, petit àpetit, d’aller vers une acceptation de la situation. Les proches sont souvent déroutés par ces réactions inhabituelles, et il est important de les accompagner, de leur expliquer ces phases qui ne sont, somme toute, qu’une protection inconsciente pour faire face àune situation douloureuse.

La confrontation àl’impermanence

Parce que les sentiments d’injustice et de frustration sont grands, c’est la colère et la révolte qui peuvent se manifester ensuite. Elles sont en fait la manifestation active de l’angoisse, souvent accompagnée de culpabilité, mais sont également le signe d’un désir de vivre.
La fin de vie est une suite de deuils importants àfaire, deuils de sa bonne santé, de son autonomie, de son image corporelle, mais aussi deuils de ses projets, de son statut social, jusqu’au deuil de sa propre vie, et la tristesse, la dépression vont être omniprésentes. Ces moments de colère et de dépression vont se vivre en alternance, on va passer de l’un àl’autre, traversant révolte et tristesse dans un grand désordre émotionnel.
Moments difficiles pour les proches qui expérimentent eux-mêmes ces mêmes émotions, et se sentent impuissants face àde telles souffrances, pourtant il est important de laisser ces sentiments s’exprimer, les laisser se dire et se vivre permet de les dépasser.

L’acceptation de l’impermanence

Il y a plusieurs niveaux, degrés, d’acceptation. L’acceptation totale, qui est en fait une intégration de l’impermanence, fruit d’un chemin spirituel mené àson terme. L’acceptation partielle, qui peut faire vivre en alternance acceptation de la mort et espoir d’une survie, aller et retour incessant entre lucidité et espoir. Enfin une attitude peut être rencontrée, c’est la résignation, la passivité, glissement vers le silence et l’abandon, fruit d’un ensemble de renoncements, d’échecs et de frustrations pouvant aller jusqu’au repli sur soi, au désinvestissement de la vie. Souvent vécue douloureusement par les proches, cette réaction demande un accompagnement du malade et de son entourage. Toutes ces émotions difficiles àvivre, trop souvent colorées de culpabilité et de peurs, tous ces moments du mourir, universellement rencontrés mais de façon unique par chacun, sont l’expression d’une grande souffrance qu’il est important d’accompagner. Une présence chaleureuse, une écoute attentive et sans jugement, un geste, un regard, sont un réel soutien pour le malade et pour ses proches.



Association Semdrel
Landrevie
24290 - St Léon sur Vézère
Tél. : 05 53 50 81 19


http://www.semdrel.org/





Buddhaline

E-mail: Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard