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Simone Llorca

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> Bouddhisme > Conférences


L’éthique au coeur d’une civilisation universelle

Le compte -rendu de la conférence au Palais de l’Unesco samedi 18 novembre 2000

Par Simone Llorca

Sous le thème général : "La vision du Bouddha : quelles contributions pour le prochain millénaire ? ", la session : "l’Ethique au coeur d’une civilisation universelle" était organisée autour des interventions successives de Dhagpo Rimpoché, Dokusho Villalba et Jean-Pierre Schnetzer.

L’éthique a toujours été considérée comme l’une des valeurs les plus importantes, le fondement de tout ce dont on peut bénéficier en bien (D.Rimpoché). Selon son champ sémantique, il s’agirait d’abord du simple fait de s’abstenir des différents comportements qui risqueraient d’être nuisiblespour soi-même ou pour les autres, comme des atteintes àla vie d’autrui, et également : le fait de s’abstenir de s’emparer de leurs biens, de les induire en erreur etc...

Mais, pour le bouddhiste, l’Ethique prend une autre signification : il s’agit d’éviter les karmas négatifs et d’"engranger" des karmas positifs. Ainsi, si l’on cherche àse protéger contre les difficultés, la meilleure des protections, ce serait l’observance de l’Ethique (respecter les êtres, les autres, soi-même) Ceci est d’une portée universelle...

Le premier aspect est donc l’abstention des dix non-vertus, mais l’Ethique de boddisattva est une éthique beauoup plus large que l’Ethique fondamentale : il s’agit de faire générer en soi les différentes qualités et ensuite, de faire en sorte de les développer.

La volonté d’accomplir le bien de tous les êtres selon huit subdivisions principales (et ensuite, onze subdivisions) sous-entend bien entendu de se maîtriser soi-même, de se défaire de ses différents défauts et de rejeter les différentes conduites négatives, mais aussi de cultiver en soi les différentes qualités qui pourront aider les autres (c’est la deuxième Ethique)

Enfin, la troisième phase : comment aider autrui, seulement àbon escient...On arrive donc ainsi àl’Ethique des Boddisattvas ou àl’Ethique telle qu’elle est respectée dans tout le Tantra, avec un temps d’observance que l’on choisit soi-même - en insistant sur les règles de conduite selon que l’on souhaite atteindre l’ état de Bouddha ou la complète libération du Samsara ( mais ce ne sont pas des buts mondains et cela ne sert pas àprogresser dans la hiérarchie sociale).

Si l’on respecte l’Ethique, on se met àl’abri de nombreuses difficultés et ainsi, on devient de plus en plus heureux..

Dokusho Villalba, maître zen espagnol, a défini l’Ethique comme une partie de la Philosophie qui traite de la Morale : "Qu’est-ce que le Bien, qu’est-ce que le Mal ?" Ce sont des valeurs relatives. D’où la plupart des guerres de religion, les guerres ethniques et les guerres civiles, et même celles que nous avons en nous, qui sont essentiellement des guerres entre les différentes conceptions du Bien et du Mal. C’est ainsi que l’on peut faire une distinction entre l’Ethique basée sur le Pouvoir et la Domination et l’Ethique basée sur la Sagesse et la Compassion, qui demande àce que nous relativisions nos conceptions individuelles du Bien et du Mal car elles sont surgies d’un conditionnement : la fixation aux règles entraîne la domination compulsive des autres, alors qu’une "interface éthique de portée universelle" est souhaitable, ceci àpartir de la Règle d’Or :"N’inflige pas àautrui ce dont tu ne voudrais pas être victime".

Et surtout : arrêter d’imposer aux autres notre conception éthique du Bien et du Mal, faire en sorte qu’aucun être ne soit soumis àcette violence. Au contraire, faire en sorte que les relations dans la vie quotidienne soient basées sur l’ouverture et non plus sur la peur...

Ainsi, la méfiance laissera la place àla confiance en la Nature Humaine et l’Ethique de Pouvoir et de Domination àl’Ethique de Sagesse et de Compassion...

Jean-Pierre Schnetzler, psychanalyste et médecin qui a expliqué le processus de la mort, insiste sur les difficultés rencontrées par les occidentaux pour comprendre une certaine forme d’Ethique. L’expérience du Bouddha au moment de son éveil (ou "Troisième Noble Vérité") permet un détachement du désir, une évasion vers ce qui est "non-né, non-vécu, non-conditionné" : le souverain bien étant la libération, l’Eveil , l’Ethique, la méditation et la Sagesse forment une sorte de triangle interdépendant.

L’Ethique offre àla Loi de Causalité un prolongement au-delàde la Mort -c’est justement ce qui semble souvent inconcevable aux occidentaux. Le Premier Précepte est de ne pas apporter la souffrance, ne pas porter tort àl’énergie vitale (le "prana"). Le deuxième : ne pas prendre ce qui n’est pas donné (mais ne pas être possédé par sa propre possession). Le troisième incite àne pas avoir de mauvaise conduite sexuelle et sensuelle. Le quatrième, de ne pas se montrer désagréable, ironique ou menteur. Le cinquième, de s’abstenir de discours inutiles.

Cette "hygiène de base" est constituée par ces cinq préceptes laïcs ordinaires.

Mais une lecture plus approfondie du sens de ces cinq préceptes permet d’atteindre un autre niveau : l’Ethique du Boddisattva où la Sagesse, la méditation et l’Ethique sont interdépendants et constituent un tout : le "noble chemin".

Décembre 2000








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