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> IntĂ©gration > SpiritualitĂ© > Interreligieux Soufisme : Les cinq premiers Conseils d’Ibn ‘ArabĂź
Il y traite de la vie spirituelle sous toutes les modalitĂ©s les plus Ă©levĂ©es, et pouvant s’appliquer Ă toutes les circonstances de la vie du FidĂšle. Par
Al-FutĂ »hĂąt al-Makkiyya, Les ConquĂȘtes ou Ouvertures Mekkoises qu’Ibn ‘ArabĂź a composĂ©e Ă Damas. En effet, il comprend plus de 120 pages grand format et plus de 300 conseils. Le MaĂźtre rĂ©capitule en eux les aspects essentiels de son oeuvre ; il y traite de la vie spirituelle sous toutes les modalitĂ©s les plus Ă©levĂ©es, et pouvant s’appliquer Ă toutes les circonstances de la vie du FidĂšle. Dans ses exposĂ©s, il utilise toujours les sources principales qui font autoritĂ© en Islam : la Parole divine descendue sur le ProphĂšte, le Qur’Ăąn ou RĂ©citation englobante, et la Sunna ou Tradition prophĂ©tique. La plupart des hadith-s qu’il cite tout au long de ce chapitre sont extraits de son recueil de Traditions prophĂ©tiques intitulĂ© MishkĂąt al-AnwĂąr, La Niche des LumiĂšres 1. Nous donnons, ci-aprĂšs, la traduction des neuf premiers conseils, en espĂ©rant en prĂ©senter d’autres ultĂ©rieurement, s’il plaĂźt Ă Dieu. CONSEIL 1 Conseil d’ordre gĂ©nĂ©ral – l’union fait la force 2 {{}}AllĂąh a dit au sujet du conseil d’ordre gĂ©nĂ©ral : "AllĂąh vous a prescrit, en matiĂšre de Religion (dĂźn) ce qu’Il a conseillĂ© Ă NoĂ©. Ce que Nous t’avons inspirĂ©, ce que Nous avons conseillĂ© Ă Abraham, Ă MoĂŻse et Ă JĂ©sus est : Maintenez-vous dans le Religion et ne vous sĂ©parez pas Ă son sujet“ (Coran, 42/13). Dieu-le-Vrai (al-Haqq) a ordonnĂ© de se conformer Ă la Religion rĂ©vĂ©lĂ©e - qui est la Loi divine (shar’) rĂ©gissant le moment prĂ©sent Ă chaque Ă©poque (zamĂąn) et en chaque communautĂ© traditionnelle (milla) - et de se rassembler et non de diverger Ă son sujet. Car la Main d’AllĂąh est avec la CommunautĂ© rassemblĂ©e (jamĂą HakĂźm (le sage prophĂšte Jacob) donna Ă ses (douze) enfants, qui formaient une communautĂ© unie, le conseil suivant au moment de sa mort : "Apportez-moi des bĂątons". Il les assembla et dit Ă ses enfants : "Brisez-les !" Or les bĂątons se trouvaient ensemble (rĂ©unis) et Ă cause de cette disposition ils ne purent y arriver. Jacob alors sĂ©para les bĂątons et dit Ă ses enfants : "Prenez-les un par un et brisez-les", et ils y parvinrent. Il ajouta : "C’est ainsi qu’aprĂšs moi vous ne serez point dominĂ©s tant que vous resterez unis. Mais si vous vous sĂ©parez, vos ennemis auront pouvoir sur vous et vous anĂ©antiront". De la mĂȘme maniĂšre, ceux qui respectent la Religion en y restant unis et ne divergent pas en elle ne seront pas subjuguĂ©s par leurs adversaires. C’est pourquoi l’ĂȘtre humain, en s’unifiant en conformitĂ© avec la Religion d’AllĂąh, n’est dominĂ© par aucun dĂ©mon, homme ou djinn, qui cherche Ă le circonvenir par des suggestions, et cela grĂące Ă l’heureuse assistance de la Foi et de l’ange qui le protĂšge avec ses auxiliaires. CONSEIL 2 La pratique du bien Si tu dĂ©sobĂ©is Ă AllĂąh en un lieu, ne le quitte pas sans y avoir fait acte d’obĂ©issance et d’adoration. De mĂȘme qu’il tĂ©moignera contre toi quand on le lui demandera, il tĂ©moignera aussi en ta faveur. C’est alors que tu pourras t’en Ă©loigner. Tu te comporteras de la mĂȘme maniĂšre avec ton habit si tu viens Ă dĂ©sobĂ©ir Ă AllĂąh quand tu le portes. Tu agiras de mĂȘme quand tu te tailleras la moustache, quand tu te raseras les poils du pubis, quand tu te couperas les ongles ou quand tu rafraĂźchiras ta chevelure. Tu ne te nettoieras pas et tu ne sĂ©pareras rien de ton corps sans ĂȘtre en Ă©tat de puretĂ© rituelle (tahĂąra) et sans invoquer AllĂąh –Sublime, puissant et majestueux soit-Il- car Il te demandera comment tu t’en es dĂ©fait. La plus minime oeuvre d’adoration sur laquelle tu as quelque pouvoir en toutes ces questions consiste Ă invoquer AllĂąh pour qu’Il revienne Ă toi Ă partir de ce qu’Il t’a ordonnĂ© afin que tu t’y conformes impĂ©rativement en rĂ©ponse Ă Sa Parole : "Demandez-Moi, Je vous exaucerai" (Coran, 40/60). Il t’ordonne donc de Lui demander. Il ajoute : "En vĂ©ritĂ©, ceux qui dĂ©daignent l’adoration qui M’est due..." (Coran, 40/21). Par adoration il faut entendre ici "demande" ou "supplique spontanĂ©e" (du‘Ăą) ce verset se comprenant alors de cette façon : ceux qui dĂ©daignent l’humilitĂ© et la pauvretĂ©". La demande spontanĂ©e est appelĂ©e "adoration" puisque celle-ci implique humilitĂ©, componction et pauvretĂ©. Le mĂȘme verset se termine ainsi : "entreront humiliĂ©s dans le Feu de la GĂ©henne (Coran, 40/21). AllĂąh rĂ©tribue en les faisant entrer, honorĂ©s, dans le Jardin ceux qui ont accompli ce qu’on leur commande. Un certain matin, au lever du jour, il m’arriva de rentrer aux bains pour procĂ©der Ă une toilette gĂ©nĂ©rale. C’est alors que je rencontrai Najd ad-DĂźn AbĂ »-l-Ma`alĂź b. al-LahĂźb, mon compagnon. Il demanda le barbier pour les soins de la tĂȘte. Je l’interpellais alors : "O AbĂ »-l-Ma‘alĂź !" Il me dit, avant mĂȘme que j’ai terminĂ© ma phrase : "Je suis en Ă©tat de puretĂ© lĂ©gale". J’avais compris que tu voulais me demander cela !" Je m’Ă©tonnai de sa prĂ©sence d’esprit et de la rapiditĂ© de sa comprĂ©hension, de sa bienveillante disposition Ă pĂ©nĂ©trer les situations et de la connaissance qu’il en avait eue dans mon cas. Je lui rĂ©pondis : "Qu’AllĂąh te bĂ©nisse ! Par AllĂąh, je ne t’ai interpellĂ© que parce que tu Ă©tais en Ă©tat de puretĂ© rituelle et que tu invoquais AllĂąh au moment de te faire couper les cheveux !" Il pria AllĂąh pour moi et se fit raser. En ce domaine, les hommes sont bien insouciants. Ils disent mĂȘme : "Si tu dĂ©sobĂ©is Ă AllĂąh en un lieu, retire-t-en !" Car ils craignent pour toi que cet endroit tĂ©moigne de ta dĂ©sobĂ©issance. Leur propos te convient alors que tu ne fais qu’ajouter pĂ©chĂ© sur pĂ©chĂ©. Pourtant, ils n’ont attirĂ© ton attention que par misĂ©ricorde pour toi, bien qu’une science importante leur Ă©chappe ! ObĂ©is donc Ă AllĂąh par cette injonction, car tu pourras alors partir de ce lieu en rĂ©unissant ce qu’ils t’ont recommandĂ© et le conseil que je viens de te donner. Toutes les fois que tu te souviens d’une faute que tu as commise, repens-toi des consĂ©quences qu’elle entraĂźne pour toi et demande pardon Ă AllĂąh. Souviens-toi de Lui Ă cette occasion selon la nature de cette dĂ©sobĂ©issance. Le Messager d’AllĂąh - sur lui la GrĂące et la Paix d’AllĂąh - disait : "Fais suivre le mauvais comportement d’un bon comportement qui l’effacera", car AllĂąh a dit "Certes, les bons comportements dissipent les mauvais" (Coran, 11/114). C’est alors que ce prĂ©cepte divin sera pour toi le critĂšre par lequel tu apprĂ©cieras la juste valeur des mauvais et des bons comportements. CONSEIL 3 La bonne estimation au sujet d’AllĂąh Aie la bonne opinion (zhann) et non la mauvaise au sujet de ton Seigneur en toute circonstance (hĂąl), car tu ne sais pas si tu n’es pas en train de rendre ton dernier souffle qui va provoquer ta mort. Rencontre donc AllĂąh avec la bonne opinion Ă Son Ă©gard et non avec la mauvaise, puisque tu ne peux savoir si Dieu te saisira dans le souffle que tu expires. Chasse de toi le propos de celui qui parle d’avoir la mauvaise opinion (zhann) pendant la vie (prĂ©sente) et la meilleure opinion Ă l’Ă©gard d’AllĂąh Ă l’heure de la mort. Chez les savants par AllĂąh, cette attitude est considĂ©rĂ©e comme ignorance, eux qui demeurent avec AllĂąh dans tous leurs souffles et en retirent un profit spirituel. La science par AllĂąh t’impose d’accomplir ce qui Lui revient de droit : d’exiger de toi la Foi, conformĂ©ment Ă ce verset : "Nous vous avons fait exister dans ce que vous ne savez pas” (Coran, 56/61). Il se pourrait qu’AllĂąh te fĂźt arriver au moment du souffle qui, pensais-tu, provoquerait en toi le processus de la mort et te ferait retourner Ă Lui, tout en ayant la mauvaise opinion Ă l’Ă©gard de ton Seigneur et que tu Le rencontres alors dans cette disposition. On rapporte du ProphĂšte -sur lui la GrĂące et la Paix d’AllĂąh- cette nouvelle reçue de son Seigneur 4 : "Je suis auprĂšs de la pensĂ©e que Mon serviteur se fait de Moi. Qu’il pense donc le meilleur de Moi !" Dans cette nouvelle, AllĂąh n’a pas privilĂ©giĂ© un temps plutĂŽt qu’un autre. Que ta pensĂ©e Ă l’Ă©gard d’AllĂąh soit empreinte de la connaissance certaine qu’Il efface, pardonne et est indulgent. AllĂąh t’incite Ă garder cette pensĂ©e Ă Son Ă©gard dans le verset suivant : "O Mes serviteurs qui avez Ă©tĂ© excessifs envers vous-mĂȘmes, ne dĂ©sespĂ©rez pas de la MisĂ©ricorde d’AllĂąh" (Coran, 39/53). Il t’interdit donc le dĂ©sespoir et tu dois t’abstenir de ce qu’Il dĂ©fend. Il t’informe ensuite - et Son information est vĂ©ridique - qu’Il ne tolĂšre pas de dĂ©rogation (naskh) qui constituerait un dĂ©saveu bien impossible de Sa part. N’a-t-Il pas dit : "Certes, AllĂąh pardonne tous les pĂ©chĂ©s” (Coran, 43/54), sans spĂ©cifier tel ou tel pĂ©chĂ©. Il a mĂȘme insister en ce sens en prĂ©cisant bien : tous les pĂ©chĂ©s. Il ajoute : "En vĂ©ritĂ©, Lui est bien le TrĂšs-Pardonneur et le TrĂšs-MisĂ©ricordieux” (Coran, 43/54). Le pronom "Lui" se rapporte Ă AllĂąh en tant qu’Il possĂšde ces [deux] attributs attendu que "Sa MisĂ©ricorde prĂ©cĂšde Son Courroux" (selon un hadĂźth). C’est pourquoi, dans le verset prĂ©citĂ©, AllĂąh dit :"qui avez Ă©tĂ© excessifs" sans prĂ©ciser tel ou tel excĂšs. Il a employĂ© le pronom "Mes" dans Son propos : "O Mes serviteurs" qu’Il a Ă©tendu Ă tout ĂȘtre excessif, mettant ainsi en rapport les serviteurs avec Lui, car ils sont bien Ses serviteurs, comme Il l’a mentionnĂ© Ă propos du serviteur intĂšgre JĂ©sus - sur lui la Paix - "En vĂ©ritĂ©, si Tu les chĂąties, ils sont Tes serviteurs" (Coran, 5/118). En consĂ©quence, Il les met en relation avec Lui - exaltĂ© soit-Il. Or la noblesse (sharaf) qui suffit est celle que confĂšre la relation avec AllĂąh. CONSEIL 4 L’obligation de l’invocation d’AllĂąh Vous ĂȘtes tenus au dhikr d’AllĂąh, secrĂštement et ouvertement, en vous-mĂȘmes et en assemblĂ©e. AllĂąh a dit : "FaĂźtes donc Mon Dhikr, Je fais votre dhikr (Coran, 2/152). Il en rĂ©sulte qu’Il a fait de l’exaucement du (ou = de la rĂ©ponse favorable au) Dhikr accompli par le serviteur, le Dhikr mĂȘme qu’AllĂąh accomplit. Le serviteur n’Ă©prouve pas de plus grand dommage que le pĂ©chĂ©. Le ProphĂšte - sur lui la GrĂące et la Paix d’AllĂąh- disait, quand un prĂ©judice l’atteignait : "La Louange est Ă AllĂąh en toute circonstance", et dans le contentement de la joie : "La Louange est Ă AllĂąh, le Dispensateur du bienfait et de la faveur". Quand tu gardes, quel que soit ton Ă©tat, la conscience permanente du Dhikr d’AllĂąh en ton coeur, celui-ci se trouve assurĂ©ment illuminĂ© par la lumiĂšre du dhikr, de sorte que celle-ci t’accorde le dĂ©voilement (kashf), car par elle, les choses se dĂ©voilent. Lorsque le dĂ©voilement se produit, le respect (hayĂą’) l’accompagne. Le signe qui t’indique cette concomitance est (par exemple) le respect que tu as Ă l’Ă©gard de ton voisin ou de celui chez qui tu reconnais un droit ou une qualitĂ©. Or il est sĂ »r que la Foi t’apporte la vĂ©nĂ©ration de Dieu le RĂ©el (al-Haqq) en ton for intĂ©rieur. Ces considĂ©rations sont rĂ©servĂ©es seulement Ă ceux qui sont avec les porteurs de la Foi et notre conseil s’adresse Ă tout ĂȘtre qui se soumet (Ă la volontĂ© divine), fidĂšle Ă AllĂąh et Ă ce qui provient de chez Lui. Dans une nouvelle sĂ »re, AllĂąh prĂ©cise : "...et Moi, Je suis avec lui - c’est-Ă -dire avec le serviteur - au moment oĂč il fait Mon Dhikr (oĂč il Me mentionne). S’il fait Mon Dhikr en son Ăąme, Je fais son dhikr en Mon Ame. S’il fait Mon Dhikr en assemblĂ©e, Je fais son dhikr dans une assemblĂ©e meilleure que la sienne" 5. AllĂąh a dit : "Ceux et celles qui font le Dhikr d’AllĂąh abondamment" (Coran, 33/35). Or le Dhikr le plus Ă©minent est le Dhikr d’AllĂąh en toute circonstance. CONSEIL 5 La proximitĂ© d’AllĂąh Applique-toi Ă parvenir Ă l’entiĂšre proximitĂ© par l’effort intense autant que possible en tout temps et en toute circonstance, selon la signification attachĂ©e Ă ce temps et Ă cette circonstance par lesquels Dieu le RĂ©el s’adresse Ă toi. Si tu portes la Foi, tu ne pourras jamais ĂȘtre dĂ©livrĂ© d’une dĂ©sobĂ©issance sauf par une oeuvre d’obĂ©issance qui s’y substitue, car en ta qualitĂ© de porteur de la Foi, tu sais qu’il s’agit d’une dĂ©sobĂ©issance. Or si tu joins Ă cette alliance la demande de pardon et le repentir (tu ajoutes) une obĂ©issance Ă une (autre) obĂ©issance et une proximitĂ© Ă une autre proximitĂ©, de sorte que l’obĂ©issance qui suit l’acte mauvais et la foi s’en trouvent fortifiĂ©es en produisant une proximitĂ© d’AllĂąh plus intense et plus considĂ©rable. Le fondement sur lequel la proximitĂ© toute entiĂšre et certaines modalitĂ©s de la foi sont Ă©tablies est constituĂ© par ton statut vis Ă vis d’AllĂąh, selon le principe qu’Il a Lui- mĂȘme posĂ©, dans la nouvelle prophĂ©tique authentique suivante 6 : "Si le serviteur s’approche de Moi d’un empan, Je M’approche de lui d’une coudĂ©e. S’il s’approche de Moi d’une coudĂ©e, Je M’approche de lui d’une brasse. S’il vient Ă Moi en marchant, Je viens Ă lui en M’empressant." La raison de cette supĂ©rioritĂ© propre Ă AllĂąh, de la faiblesse propre au serviteur et de la surenchĂšre, rĂ©side dans le fait que le serviteur doit se trouver raffermi dans son intention de se rapprocher d’AllĂąh par le comportement [adĂ©quat] et dans le fait qu’il reçoit l’ordre de considĂ©rer ses actes selon les critĂšres d’Ă©valuation de la Loi rĂ©vĂ©lĂ©e, et cela nĂ©cessairement sans retard. S’il montre de l’empressement et s’en qualifie, sa diligence consiste seulement Ă rĂ©aliser les critĂšres d’Ă©valuation de son comportement devant [cette proximitĂ©] et non son comportement [en soi]. La rĂ©alisation de ces critĂšres d’Ă©valuation par l’acte assure l’accomplissement des oeuvres d’adoration, bien que la proximitĂ© divine n’ait nul besoin de balance. La Balance que Dieu le RĂ©el dĂ©tient dans Sa Main est celle par laquelle tu pĂšses ce comportement qui te permet de rechercher la proximitĂ© d’AllĂąh. Celui qui possĂšde cette disposition est nĂ©cessairement par rapport Ă toi dans une proximitĂ© plus dĂ©terminante et plus grande que ta proximitĂ© par rapport Ă Lui. AllĂąh se dĂ©crit Lui-mĂȘme comme s’approchant de toi quand tu t’approches de Lui en t’accordant un surcroĂźt de proximitĂ© de Lui, symbole (de mesure) par symbole (de mesure dans le hadĂźth prĂ©citĂ©). La raison en est que tu es créé selon la forme (d’AllĂąh). Or une Lieutenance primordiale (awwal khilĂąfa) te concerne, celle de ta lieutenance conforme Ă ton essence, car tu es Son lieutenant dans la terre de ton corps, et le troupeau que tu gardes se compose de tes membres actifs et de tes facultĂ©s externes et internes. Sa ProximitĂ©-mĂȘme de toi est donc ta proximitĂ© de Lui et un accroissement qui se prĂ©sente comme Il l’a prĂ©cisĂ© Ă propos de la coudĂ©e, de la brasse et de l’empressement. Dans la surenchĂšre divine, l’empan entraĂźne en consĂ©quence la coudĂ©e, la coudĂ©e la brasse et Ă la marche correspond l’empressement. Dans la premiĂšre partie (awwal) de chaque sĂ©quence, il s’agit de ta proximitĂ© de Lui, alors que dans l’autre partie (la derniĂšre = Ăąkhir ) correspondante, il s’agit de Sa ProximitĂ© de toi. Ainsi Lui est le Premier (Awwal) et le Dernier (Ă‚khir) (cf. Coran, 57-3). Il s’agit alors de la proximitĂ© corrĂ©lative (al-qurb al-munĂąsaba). Mais la ProximitĂ© divine qui concerne l’ensemble des crĂ©atures est diffĂ©rente de cette derniĂšre. AllĂąh n’a t-Il pas dit : "Nous sommes plus prĂšs de lui que sa veine jugulaire “ (Coran, 50/16). Je ne veux pas parler ici de cette derniĂšre proximitĂ© mais bien de celle qui est la consĂ©quence de la proximitĂ© que le serviteur a avec AllĂąh. Or le serviteur n’a de proximitĂ© avec AllĂąh que par la foi en ce qui provient d’AllĂąh-mĂȘme en plus de la foi en AllĂąh et en celui qui transmet (la RĂ©vĂ©lation) de Sa part. Maurice Gloton VĂ©nissieux (RhĂŽne) 1 - Traduit par Muhammad VĂąlsan aux Editions de l’Oeuvre, Paris, 1983. 2 - Les titres en tĂȘte de chaque conseil sont de nous pour mieux situer le thĂšme gĂ©nĂ©ral de chacun d’eux. 3 - Les deux noms AllĂąh et IlĂąh sont coraniques, mais le nom al-IlĂąh, le Dieu se rĂ©vĂ©lant n’a Ă©tĂ© utilisĂ© qu’aprĂšs la Descente du Qur’Ăąn. Le nom AllĂąh est aussi bien le nom de l’Essence divine inconditionnĂ©e et infinie que le nom de la Fonction divine Ă laquelle le nom al-IlĂąh s’applique dans toute la Manifestation ou Existence universelle. Par contre, le nom ilĂąh reprĂ©sente toujours un aspect de la DivinitĂ© ou la divinitĂ© au "degrĂ©" de l’UnicitĂ© divine (wahdĂąniyya) ; dans le Qur’Ăąn, il concerne AllĂąh en tant qu’Il se rĂ©vĂšle et dĂ©signe parfois des crĂ©atures et reçoit le pluriel pour qualifier des divinitĂ©s quelles qu’elles soient. 4 - In TirmidhĂź, rapportĂ© par AbĂ » Hurayra. 5 - Pour ce hadĂźth qudsĂź, voir note suivante. 6 - In BukhĂąrĂź, Muslim, Ibn MĂąja, TirmidhĂź et Ibn Hanbal, rapportĂ© par AbĂ » Hurayra. Maurice GLOTON est notamment l’auteur des traductions suivantes : â L’InterprĂȘte des dĂ©sirs, Ibn ‘ArabĂź, Albin Michel, 1996. â Le traitĂ© de l’amour (chap. 178 des FutĂ »hĂąt ), Ibn ‘ArabĂź, Albin Michel, 1986, 1992. â TraitĂ© sur le nom ALLĂ‚H, Ibn ‘AtĂą ‘AllĂąh, Ă©d. Les Deux OcĂ©ans, Paris, 1982 et 1990. â L’Arbre du Monde, Ibn ‘ArabĂź, Ă©d. Les Deux OcĂ©ans, 1982 at 1991. â TraitĂ© sur les noms divins, Fakr al-DĂźn ar-RĂązĂź, Ă©d. Dervy-Livres, deux tomes, 1986 et 1988 (Ă©puisĂ©). â Les secrets du JeĂ »ne et du PĂ©lerinage, Al-GhazĂąlĂź, Ă©d. Tawhid, Lyon, 1993. â Le Livre des DĂ©finitions (KitĂąb at-Ta‘rĂźfĂąt), trad. intĂ©grale et index nombreux avec introd. de Pierre Lory, Presses universitaires d’Iran, TĂ©hĂ©ran, 1994. Avril 2001
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