BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter Buddhaline

Même rubrique

La paix ne peut être trouvée qu’en Dieu - Fraternet
La transmission de l’éveil - Lama Denys
La paix entre les religions - Vénérable Parawahera Chandaratana
Echange Spirituel Est - Ouest : découvrir une tradition qui se vit avec son corps. - DIMMID
« Des fruits en son temps » : les espérances du dialogue interreligieux - DIMMID
Donne moi la sagesse - Père Benoit Billot
Prière interreligieuse - DIMMID
Autres textes
L’homéopathie uniciste - Alexandre Koehler
L’accompagnement, un chemin spirituel - Association Semdrel
Des parlementaires français pour le Tibet - Groupe d’information sur le Tibet
Entretien avec soeur Emmanuelle - Annie Jeanneret
De la fatigue au stress : l’évolution des métiers - Yves Lasfargue
Respecter les animaux car se sont des êtres sensibles soumis aux mêmes lois que les humains - Maxwell G. Lee
Les Calendriers Lunaires - Christiane Coppex
Jean-Pierre Sara

Jésus et les esséniens par Jean-Pierre Sara
Judas l’incompris par Jean-Pierre Sara
Maîtres universels et législateurs par Jean-Pierre Sara
Prérogatives de la papauté par Jean-Pierre Sara

Bookmark and Share
- imprimer

> Intégration > Spiritualité > Interreligieux


Jean-Baptiste, le meconnu

La présence de Jean-Baptiste parcourt en filigrane tout l’Evangile et se révèle inséparable de la vie de Jésus-Christ

Par Jean-Pierre Sara

Jean-Baptiste occupe une place prépondérante dans l’Evangile. C’est par l’annonce de sa naissance que commence le récit évangélique, c’est par le baptême qu’il confère àJésus que celui-ci commence sa vie publique, et c’est par l’expulsion des marchands du Temple que commence la semaine de la Passion, épisode où Jésus se réfère nommément àlui pour confondre les grands prêtres récalcitrants <1>.

Considérée ainsi, la présence de Jean-Baptiste –tantôt réelle, tantôt évoquée– prend un relief particulier. Elle parcourt en filigrane tout l’Evangile. Et malgré les tentatives des évangélistes d’en minimiser l’importance, elle se révèle inséparable de la vie de Jésus-Christ. Nous allons essayer de le montrer dans les paragraphes qui suivent :

Naissance de Jean-Baptiste

Luc, pour décrire la naissance de Jésus, fait un détour par celle de Jean-Baptiste. C’est le même ange Gabriel qui annonce l’événement àZacharie et àMarie, lesquels réagissent d’abord par le "trouble" et la "crainte", puis par les hymnes de louanges, connus depuis sous les noms du "Benedictus" et du "Magnificat".

Mais, au-delàde ces ressemblances, Luc fait surtout ressortir les divergences. Zacharie doute, tandis que Marie dit : Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. Le futur Jean sera grand devant le Seigneur, tandis que le futur Jésus sera appelé le Fils de Dieu. Jean sera le "Précurseur", tandis que Jésus sera le "Sauveur". Jean va se fortifier en esprit et demeurer dans les déserts, tandis que Jésus dévoilera sa précoce sagesse devant les docteurs de la Loi et vivra avec ses parents àNazareth.

Prédication et prédiction de Jean-Baptiste

A y regarder de plus près, les choses ne sont pas aussi linéaires. Jean n’est pas le "faire-valoir" de Jésus que la lecture de Luc donnerait àpenser. C’est un réel Maître spirituel qui, avant d’accomplir sa mission, s’y est longuement préparé par une vie ascétique. On ne nie plus aujourd’hui la connexion de Jean avec le milieu essénien. Une solide formation dans le centre de Qumran a dà» précéder sa vie d’ermite au désert ; et l’homme qui en a émergé fut un vrai guide pour le peuple. Il l’a manifesté dans sa prédication.

Il s’était, cependant, démarqué des Esséniens en ceci qu’au lieu de se cantonner dans leur élitisme, il est allé vers les foules, et qu’au lieu des ablutions quotidiennes exigées àQumran, il baptisait une fois pour toutes dans le repentir et le renouveau intérieur. Marginal parmi les prophètes d’Israë l, il a prêché cette pureté du dedans, par opposition àla fierté d’appartenance au Peuple Elu : Ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes : nous avons Abraham pour père ; car, je vous le déclare, Dieu peut, des pierres que voici, susciter des enfants àAbraham (Luc III 8).

Allant de pair avec cette largeur de vues, une grande humilité qui lui faisait dire : Il s’en vient quelqu’un de plus puissant que moi, dont je ne suis pas digne de délier la courroie des sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint (Luc III 16). Voilàdonc en quoi il fut l’authentique Précurseur : il dévoila aux gens cette exigence d’intériorité, ainsi qu’une notion d’universalisme, jusque-làtotalement absentes.

Le Baptême de Jésus

Episode central dans les trajectoires de Jean-Baptiste et de Jésus mais non leur point d’intersection. Les deux jeunes gens, apparentés par leurs mères, avaient déjàdà» se rencontrer<2>. Ils avaient même probablement vécu un certain temps ensemble au monastère de Qumran<3>. Nous ne savons pas, bien entendu, ce que fut leur lien spécifique àcette époque, mais nous pouvons imaginer que Jean avait appréhendé la nature divine de Jésus ; et que Jésus, dans sa nature humaine, avait reconnu en Jean son aîné dans la vie et dans la voie. Il faut avoir présent àl’esprit qu’une existence dédiée àla quête spirituelle suppose, àun moment ou àun autre, une relation "Maître-disciple". Cela est vrai de tout chercheur sincère, mais aussi d’un Maître (donc de Jésus) qui, en toutes choses, doit donner l’exemple.

En dehors de ce contexte, il serait difficile d’admettre que Jésus soit venu, au seuil de sa vie publique, se faire baptiser par Jean et que Jean lui ait dit : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens àmoi ! (Matthieu III 14) Jésus rendait donc hommage àcelui qui avait été sans doute son guide dans la vie monacale et dont il connaissait toute la valeur ; et Jean, dans sa sainteté, réclamait le baptême supérieur dans l’"Esprit", qu’il savait ne pouvoir obtenir que de Jésus seulement.

Le témoignage de Jean-Baptiste

A partir de làle témoignage de Jean sur lui-même et sur Jésus devient significatif. En ce qui le concerne àlui, il décline tous les titres que les prêtres et les lévites lui suggèrent : Messie, prophète, Elie, pour ne retenir que celui de voix qui crie dans le désert : préparez les voies du Seigneur, aplanissez ses chemins<4>. La grandeur de cet homme transparaît dans la modestie de cette affirmation. Ancêtre de Don Quichotte, il sait que sa voix ne trouvera pas d’écho dans le "désert" des futilités humaines. Mais il a conscience d’une mission ; il l’accomplira jusqu’au bout.

En ce qui concerne Jésus, il le désigne ainsi devant ses propres disciples : l’agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. C’est de lui que j’ai dit : "Celui qui vient après moi m’est passé devant, parce qu’il existait avant moi." (Jean I 29-30). Comme dans la suite du témoignage<5>, on en déduit que la nature divine de Jésus lui a été révélée. Et, dans cette ligne de conduite dont il ne s’est jamais départi, Jean-Baptiste répondra plus tard àses disciples, se plaignant que Jésus attirait tout le monde àlui : Il faut qu’il croisse et moi, que je diminue (Jean III 30).

De la prison de Machéronte

Quand Jean-Baptiste fut mis en prison, ses disciples ont dà» l’informer des oeuvres retentissantes de Jésus. Luc nous dit alors (VII 18-19) qu’il en appela deux et les envoya dire au Seigneur : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?

On se trouve confronté lààun dilemme. Si cette parole est de Jean-Baptiste, elle est en contradiction avec le reste de son discours sur Jésus. A moins qu’elle n’ait une justification. Celle que nous proposons permettrait, en outre, de mieux camper son personnage. La voici : Jean-Baptiste n’ignorait pas les susceptibilités de ses disciples face au succès grandissant de Jésus. Ceux-ci s’étaient même plaints en direct àJésus, àpropos du jeà»ne : Pourquoi nous et les Pharisiens jeà»nons, tandis que tes disciples ne jeà»nent pas ? (Matthieu IX 14). En les envoyant àJésus, porteurs de la question rapportée par Luc, alors qu’il savait son sort scellé et sa fin proche, Jean-Baptiste voulait en fait convaincre ses propres disciples de la nature divine de Jésus. Comprise de cette manière, la démarche de Jean ne fait que souligner les traits de son noble caractère.

Le témoignage de Jésus

La suite de cet épisode illustre bien son intention. Jésus leur répondit : "Allez rapporter àJean ce que vous êtes en train de voir et d’entendre : les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent" (Matthieu XI 4-5). Or tel était justement le souhait de Jean-Baptiste : que ses disciples soient les témoins de ces "signes", afin que se confirme en eux la certitude de ce qu’il leur avait, àplus d’une reprise, dit de Jésus. Et c’est alors l’occasion pour Jésus, devant tout le monde, de rendre un hommage vibrant àJean-Baptiste (Matthieu XI 11) : En vérité, je vous le dis, de ceux nés d’une femme, il ne s’est pas levé de plus grand que Jean, le Baptiste<6>, et de faire cette révélation renversante (Matthieu XI 14-15) : Et si vous voulez le savoir, c’est lui, Elie, qui doit revenir. Que celui qui a des oreilles, qu’il entende.

Elie et la réincarnation

Le deuxième livre des Rois (II 11) raconte qu’Elie et Elisée cheminaient et s’entretenaient, lorsque tout àcoup un char de feu avec des chevaux de feu les sépara l’un de l’autre. Dans un tourbillon, Elie fut enlevé au ciel. Elie en est devenu, dans l’inconscient collectif du peuple hébreu, la figure emblématique des "Prophètes". Ainsi, pendant l’épisode de la Transfiguration, les disciples ont eu la vision de Moïse et d’Elie aux côtés de Jésus parce que, tout naturellement, l’un représentait pour eux "la Loi" et l’autre, "les prophètes". Or Matthieu nous dit que, descendant de la montagne, ils posèrent àJésus cette question (XVII 10) : Pourquoi les scribes croient-ils qu’Elie doit revenir ? Et Jésus de leur réaffirmer (Matthieu XVII 12-13) : Je vous déclare qu’Elie est déjàrevenu, mais ils ne l’ont pas reconnu... Les disciples comprirent alors qu’il leur parlait de Jean-Baptiste. Ces assertions de Jésus sur Jean-Baptiste établissent de façon irréfutable la très haute estime dans laquelle le premier tenait le second. Mais, surtout, elles ouvrent une perspective que, depuis Origène, l’Eglise a systématiquement rejetée : la notion de réincarnation<7>. Cette interprétation des paroles de Jésus est pourtant incontournable. Jésus insiste sur l’identité complète entre Elie et Jean-Baptiste, en spécifiant que celui-ci est le "retour" de celui-là. D’une part, en effet, il donne àJean-Baptiste les qualificatifs très élogieux qu’on vient de lire, ce qui l’habilite pleinement àassumer le rôle d’Elie et, d’autre part, il utilise la croyance populaire en l’"assomption" d’Elie pour affirmer que Jean-Baptiste est bien Elie revenu sur terre, donc sa réincarnation.

Outre ces deux passages, on ne trouve plus dans les évangiles des textes explicites sur la réincarnation. A peine quelques phrases allusives dans l’entretien de Jésus avec Nicodème et dans l’épisode de l’aveugle-né<8>. La double censure sur ce sujet tabou de la réincarnation et sur la stature réelle de Jean-Baptiste<9> a donc fait son oeuvre. N’empêche que deux idées-forces se dégagent malgré tout du récit évangélique, toutes deux marquées par le rapport de Jésus àJean-Baptiste :

1. la nécessité de laisser décanter les scories des vies (successives) pour accéder au Royaume, car c’est àpropos de Jean-Baptiste que Jésus a le plus nettement abordé le sujet de la réincarnation ;

2. la nécessité, dans ce but, d’avoir connu sur le chemin la relation particulièrement élevante de Maître àdisciple, car c’est àtravers la considération de Jésus pour Jean que l’on devine la profondeur du lien spirituel qui les unissait.

Le souvenir de Jean-Baptiste

Un dernier mot sur Jean-Baptiste, être admirable et méconnu, pour lequel on ne peut que ressentir une vive sympathie. D’abord, il est consolant de voir que les disciples de Jésus eux-mêmes associent l’image de Jean àcelle d’un homme en prière. C’est en réponse àleur demande ainsi conçue : Seigneur apprends-nous àprier comme Jean l’a appris àses disciples (Luc XI 1), que Jésus leur donna le "Pater". Ensuite, il est touchant d’observer que, quelque temps avant sa dernière montée àJérusalem, Jésus se retira de nouveau au-delàdu Jourdain, àl’endroit où Jean avait baptisé au début (Jean X 40). Comme si, pour aller affronter son destin, Jésus éprouvait le besoin de se retremper dans l’atmosphère nimbée de recueillement des premiers jours de sa vie publique, vécus avec Jean-le-Baptiste.

<1> Jésus leur répondit : "Moi aussi je vous poserai une question ; répondez-moi et je vous dirai de quel droit j’agis ainsi : le baptême de Jean était-il du ciel ou des hommes ? dites-moi !" Or ils se faisaient entre eux ce raisonnement : si nous disons : du ciel, il va nous répondre : alors, pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? Et si nous disons : des hommes, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un véritable prophète. Ils répondirent donc àJésus : "Nous ne savons pas." Alors Jésus leur dit : "Moi non plus, je ne vous dirai pas de quelle autorité je fais cela." (Marc XI 29-33). Il est important de souligner, dans cet épisode, l’autorité que Jésus lui-même reconnaît àJean dans son activité baptismale.

<2> Malgré les dénégations plus que suspectes de Jean l’Evangéliste qui, par deux fois et àdeux versets d’intervalle, fait dire àJean-Baptiste (àpropos de Jésus) : Et moi je ne le connaissais pas (I 31 & 33).

<3> Il est très plausible que la "vie inconnue" de Jésus ait comporté une résidence àQumran. C’est encore plus évident dans le cas de Jean-Baptiste. Voir l’article sur "Jésus et les Esséniens".

<4> Citation "adaptée" d’Isaïe (XL 3), et vraisemblablement mémorisée par Jean-Baptiste durant son séjour àQumran, car elle revient comme un leitmotiv dans les manuscrits de la mer Morte. [La citation textuelle est : Une voix crie : Préparez dans le désert une route pour Yahvé, tracez droit dans la steppe un chemin pour notre Dieu.]

<5> Et c’est en vue de sa manifestation àIsraë l que je suis venu baptiser dans l’eau [admirer une fois de plus l’effacement de Jean-Baptiste]...J’ai vu l’Esprit descendre comme une colombe et reposer sur lui. Et celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : "Celui-làmême sur lequel tu verras l’Esprit descendre et reposer, c’est lui qui baptisera dans l’Esprit." (Jean I 31-33).

<6> Ce verset de Matthieu se poursuit ainsi : et, cependant, le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui ; et qui a son pendant exact en Luc (VII 28). Un exemple probant de ces tentatives des évangélistes, auxquelles nous faisions allusion plus haut, pour minimiser la valeur de Jean-Baptiste àdes fins apologétiques.

<7> Origène, l’un des pôles du Christianisme primitif (Alexandrie c.185 - Tyr c.253), reconnu comme "Confesseur de la foi", animateur de la fameuse école d’Alexandrie qui lui doit sa célébrité, homme d’une vie d’ascèse et d’une mort de martyre, fut néanmoins l’objet d’une triple condamnation (posthume) de l’Eglise. Il avait développé une notion proche de la réincarnation : l’Apocatastase, en vertu de laquelle même les âmes des damnés, àla consommation des temps, seraient rédimées par l’amour du Christ, qui est plus fort que la mort. C’était nier l’éternité de l’enfer. Et l’Eglise, bâtie sur Pierre et nantie du pouvoir de "lier" et de "délier", n’a jamais voulu en démordre. Or la réincarnation explique que les âmes individuelles récoltent ce qu’elles ont semé. De vie en vie, elles vont se purifiant jusqu’àpouvoir accéder àla libération. Elles se fondent alors dans la divinité dont elles vivaient séparées àcause de leur fausse identification àl’ego. Pour employer les mots que Jésus chérissait, elles entrent alors dans le Royaume, dans la joie de leur Maître. En finale, donc, la réincarnation dit pratiquement la même chose que l’apocatastase : il n’y a pas de laissés-pour-compte dans l’économie du salut. Un tel enseignement ne pouvait hélas convenir àl’Eglise. Car elle exerçait son pouvoir en instillant la PEUR, la peur du péché et de la damnation, dans une perspective eschatologique débouchant sur la résurrection physique des morts, le jugement dernier et le son des trompettes, qui devront récompenser les bons et sonner l’hallali des méchants.

<8> (a) Entretien avec Nicodème (Jean III 3-4) : Jésus lui répondit : "En vérité, je te le dis, àmoins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu." Nicodème lui dit : "Comment l’homme peut-il renaître un fois vieux ? Entrerait-il une seconde fois dans le ventre de sa mère ?" (b) Episode de l’aveugle-né (Jean IX

2-3) : Ses disciples lui demandèrent : "Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ?" Ce qui indique nettement que l’on croyait àune sorte de "Karma" –un concept lié ontologiquement àcelui de la réincarnation– sans quoi la question des disciples serait incompréhensible. D’ailleurs les Pharisiens eux-mêmes, furieux d’entendre l’aveugle guéri leur dire que Jésus était un prophète et qu’il venait de Dieu, lui répondirent (Jean IX 34) : Tu es tout entier dans le péché, depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon !

<9> Il suffit de rappeler, àce sujet, trois détails scripturaires établissant –par ordre de gravité– l’intention délibérée de réduire autant que possible l’importance de la relation entre Jésus et Jean-Baptiste (et, accessoirement, leur commune relation avec les Esséniens) : (1) Dans son verset IV 2, Jean l’Evangéliste insinue : bien qu’àvrai dire ce ne fà»t pas Jésus qui baptisât mais ses disciples, alors qu’un chapitre avant, dans son verset III 22, il disait le contraire : Jésus accompagné de ses disciples se rendit en Judée ; il y séjourna avec eux et il baptisait.. L’Evangéliste essaye donc d’"excuser" Jésus de faire comme Jean-Baptiste. (2) Dans la note <6> ci-dessus, nous avons vu Matthieu et Luc, àleur tour, essayer de mettre une sourdine–ô combien maladroitement– au discours dithyrambique de Jésus sur Jean-Baptiste, en faisant dire àJésus que le plus petit dans le Royaume est plus grand que lui (Jean-Baptiste). A croire que Jean-le-Baptiste serait exclu du Royaume ! (3) Et pour finir, Jean l’Evangéliste qui cette fois va jusqu’àprétendre que Jean-Baptiste ne connaissait pas Jésus ! (note <2>).

Mars 2001



Auteur de "Jésus avant l’Eglise", l’Harmattan, nov. 1999






Buddhaline

E-mail: Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard