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> Bouddhisme > Découverte


Le Théravada

Littéralement “la Parole des Anciens”, c’est la seule école des premiers temps du développement du bouddhisme às’être maintenue

Par Michel Henri Dufour

Littéralement “la Parole des Anciens”, c’est la seule école des premiers temps du développement du bouddhisme às’être maintenue. Ce terme désigne actuellement la forme primitive du bouddhisme, transmise par les moines les plus anciens de la Communauté originelle (les thera), jusqu’ànos jours. Il est parfois nommé bouddhisme du Sud ou bouddhisme paali ; le terme Hiinayaana, “Petit Véhicule” ou “Véhicule de qualité inférieure”, est àproscrire pour désigner cette tradition, car trop anachronique et péjoratif.

La transmission et les conciles

Le Bouddha n’a jamais rien écrit ; ses disciples, en fonction de leurs talents respectifs, ont mémorisé ses paroles et les ont transmises oralement.

Sur les propositions de Kassapa, l’un des disciples majeurs du Bouddha, un premier Concile se tint pendant la saison des pluies àRaajagaha, trois mois après la mort du Bouddha (pendant le règne du roi Ajaatassatu). Il réunit cinq cents arahaa. AAnanda (celui qui avait suivi le Bouddha toute sa vie, son assistant en quelque sorte) a récité la Doctrine (Dhamma) et Upaali, la Discipline (Vinaya). Le premier Concile a compilé et arrangé le Canon Paali, le Tipi.taka, dans pratiquement sa forme actuelle.

Les deux autres Conciles d’arahaa furent réunis respectivement 100 et 236 ans plus tard pour ànouveau réciter la Parole du Bouddha. Le deuxième fut réuni pour intervenir àla suite de l’indiscipline d’un groupe de moines (connus plus tard sous le nom Mahaasaa“nghika), en quelque sorte les instigateurs du premier schisme. Le troisième Concile eut lieu pendant le règne de l’empereur Ashoka (IIIe siècle avant J. C. ). À cette époque il semble que les différences au sein de la Sa“ngha étaient irréconciliables car ce Concile ne comprenait que des moines du Theravaada. Plusieurs années plus tard de nombreux bhikkhu “déviants” quittèrent l’état monastique. L’harmonie de la Sa“ngha retrouvée, le Dhamma-Vinaya fut ànouveau récité comme lors des deux Conciles précédents.

L’empereur Ashoka envoya de nombreux moines dans diverses directions, àl’intérieur et àl’extérieur de ses frontières. Le groupe envoyé àSri Lanka sous la direction de Mahinda, fils d’Ashoka, et de Sa“nghamittaa, sa fille, connut un grand succès.

Le bouddhisme a disparu graduellement de l’Inde du Nord pour diverses raisons, internes et externes. En Inde du Sud il demeura solide pendant plusieurs siècles, aidé en cela par l’influence de Sri Lanka.

Il est très difficile de démêler l’histoire des différents Conciles (toujours entre légende et Histoire). D’autres grands rassemblements de la Sa“ngha monastique ont eu lieu par la suite, jusqu’au XXe siècle : le 4e Concile au Sri Lanka, quelques années avant notre ère ; àcette occasion une nouvelle assemblée d’arahaa se tint et le Tipi.taka entier ainsi que les commentaires furent récités et consignés par écrit pour la première fois. C’est sous cette forme qu’il nous est parvenu. Le 5e àMandalay en Birmanie en 1871 ; le Canon Paali fut àcette occasion sculpté sur des plaques de marbre. Le 6e de 1954 à1956 àRangoon, Birmanie.

Le Theravaada en France

On pourrait supposer que les liens avec ce qui fut l’Indochine sont demeurés importants et que les français sont plus au fait du bouddhisme Theravaada en raison de la présence sur notre sol d’importantes communautés issues du Laos et du Cambodge, mais il n’en est rien. Les (relativement) nombreux centres créés par des asiatiques fonctionnent pour la plupart en cercle fermé, un nombre infime de français les fréquentent. Ces “pagodes” ne sont souvent que des lieux de rencontres sociales, des endroits où se déroulent les cérémonies, où les rituels tiennent une place prépondérante et parfois même l’on consultent les esprits et tirent les horoscopes ! En fait peu proposent une réelle pratique. Parmi ces derniers on peut citer, en région parisienne, le Centre Bouddhique International au Bourget, centre Sri Lankais dirigé par le Vénérable Chandaratana, et le Vat Khemararam àCréteil, centre cambodgien dirigé par le Vénérable Bour Kry. Le monastère Bodhinyaanarama àTournon sur Rhône, bien que d’approche plus difficile, est également un endroit intéressant. Il existe d’autres centres Theravaada offrant des possibilités diverses. Voir àce sujet le “Guide des centres bouddhistes en France” [*].

Le nombre de moines et de nonnes en France (mis àpart les enseignants les plus connus, dont le nombre ne doit pas excéder une demi-douzaine) est très difficile àdéterminer. Beaucoup de centres ne communiquent pas facilement ni leurs activités ni la composition de leur communauté.

Si l’on se réfère aux conditions traditionnellement énoncées dans les Écritures bouddhiques pour que le Dhamma soit véritablement établi dans un pays – c’est-à-dire, entre autres, qu’il existe une communauté importante de moines autochtones – on ne peut pas vraiment considérer que l’influence du Dhamma en France soit importante.

Plusieurs moines français sont (ou ont été) résidents en France. Le Vénérable Anigho, au Vat Khemararam ; le Vénérable Dhammavicayo, ex-résident au Vat Khemararam, est actuellement en Belgique dans une filiale de ce monastère ; le Vénérable Saasana, àla pagode du Bourget ; le Vénérable Ñaanaloka (plusieurs années àSri Lanka et en Birmanie) a quitté l’Ordre et vit àGrenoble ; un autre français, le Vénérable Dhammapaalita (Paul de Meershmann), moine pendant plusieurs années (principalement àSri Lanka et en Birmanie), a quitté l’Ordre peu après son retour en France et est retourné par la suite en Asie du Sud-est où plusieurs moines français résident ou ont résidé, en particulier le Vénérable Tithiñaano, moine dans la lignée d’Ajahn Chah. D’autres membres français de la Sa“ngha monastique résident en Angleterre, au sein de la communauté dirigée par Ajahn Sumedho ; dont le monastère est Amaraavatii, au Nord-Ouest de Londres.

La voix du bouddhisme ancien, le Theravaada, ne se fait guère entendre en France, pour diverses raisons, internes et externes : faiblesse de sa représentation, en quantité comme en qualité, difficulté générale de communication, absence d’une structure éditrice organisée, repli sur soi de certaines communautés, ostracisme des médias vis-à-vis d’une forme de bouddhisme non spectaculaire et réputée austère et élitiste, volonté d’hégémonie de certains groupes ou personnes appartenant àd’autres traditions, intérêt du public potentiel pour des doctrines plus confortables.

Notes

[*] Philippe Ronce, éd. Noêsis, 1998.

source : Samsâra



Association Bouddhique Theravâda
c/o Michel Henri Dufour, 22 rue de la Grange Aubel, 71000 SANCÉ -
Tél. : 03 85 20 14 42


http://perso.club-internet.fr/mhd-abt/vivekarama





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