![]() |
![]()
|
Gérer ses émotions
Par
Gueshe Thupten Tenpa GERER SES EMOTIONS Geshe-la vous remercie d’être venus ce soir et vous dit Tashi Delek, bonjour. Il va être question de l’esprit et des facteurs mentaux. En français on parle d’ « émotions  », mais dans le bouddhisme indo-tibétain on parlera plutôt de « facteurs mentaux  » (skt. chaïtasika ; tib. sem djoung). Geshe-la dit que l’esprit lui-même et les facteurs mentaux sont différents. Les facteurs mentaux ne sont pas l’esprit. Généralement, dans la tradition tibétaine on compte 51 facteurs mentaux différents. Pendant environ une heure et demi, Geshe-la va les évoquer. Il est facile d’aborder les phénomènes extérieurs, mais l’esprit c’est plus difficile, plus subtil. L’esprit n’est pas aussi connu qu’il le devrait. Parmi ces facteurs mentaux décrits dans les textes traditionnels, il y a des descriptions différentes avec essentiellement des facteurs mentaux vertueux et d’autres non vertueux. Suivant la description des 51 facteurs nous avons donc : – 5 facteurs mentaux omniprésents
Lorsqu’il est dit que la nature de l’esprit est claire lumière, on peut l’expliquer, en prenant par exemple le désir ou l’attachement : il est possible de voir un moment d’esprit, de conscience, envahi par le désir ; on pense que l’essence de l’esprit et du désir est la même mais en fait l’esprit n’est pas le désir lui-même. Il est possible d’évacuer le désir ou l’attachement, alors qu’il est impossible d’évacuer l’esprit lui-même ; il a une continuité sans début ni fin. On peut prendre un autre exemple : lorsqu’on est en bonne santé, quand notre esprit est tranquille et notre corps aussi, nous sommes dans un certain bien-être. Nous voyons par exemple un objet qui nous plait, spontanément nous sommes attirés par cet objet, nous souhaitons et voulons que cet objet nous appartienne. A l’opposé nous voyons un objet repoussant, et notre esprit, au lieu de vouloir posséder l’objet, souhaite s’en éloigner. Ce sont des formes d’attachement, d’attirance, ou alors d’aversion et de haine, etc, mais ces facteurs mentaux ne sont pas l’esprit lui-même. Au moment où le facteur mental apparaît, il fait partie de l’esprit. L’esprit et lui ont une nature, une essence qui sont communes, mais l’un n’appartient pas à l’autre. Si on évacue le facteur mental, l’esprit reste lui-même. Il est important de distinguer la nature du facteur mental qui est différente, qui n’est pas la nature de l’esprit lui-même. En examinant notre propre expérience, ce que nous éprouvons nous-mêmes, nous voyons que si nous avons par exemple un moment d’aversion ou de colère, nous considérons telle ou telle personne comme une ennemie. Cette façon de penser, d’appréhender les personnes ou les objets, est ce facteur mental qui implique une saisie et possède un pouvoir sur notre esprit, mais qui n’est pas l’esprit lui-même. L’esprit se laisse souvent emporter par ces émotions, par ces facteurs mentaux. Souvent, pour illustrer la difficulté de distinguer le facteur mental de l’esprit lui-même, on prend l’exemple d’un verre d’eau clair dans lequel on verse du lait ; on voit alors qu’il est très difficile de distinguer le lait de l’eau. On peut faire cette comparaison avec le facteur mental et l’esprit en question, puis on voit qu’il est très difficile de faire la distinction entre les deux. Pourtant, on peut utiliser certains raisonnements pour voir que, si par exemple on perçoit un objet de désir, et qu’on évacue le désir, l’esprit continue d’exister. Si l’esprit était détruit, à ce moment là il n’y aurait personne pour faire l’expérience de cet esprit détruit, de manière subjective. On voit ainsi que l’esprit lui-même possède sa propre continuité. On peut observer qu’habituellement les émotions négatives, les facteurs mentaux obscurcissants, ont beaucoup de force. Nous sommes habitués depuis longtemps à avoir l’esprit plongé dans ces facteurs mentaux négatifs. Il est donc important de vouloir développer la vertu grâce à certaines pratiques, comme par exemple la culture de la sagesse qui appréhende la vacuité d’existence propre des choses, ou encore le développement de la grande compassion. Ces moyens, ces pratiques, sont eux-mêmes à l’intérieur de l’esprit. Ce sont des facteurs mentaux qui contrecarrent les facteurs mentaux négatifs. Si ces facteurs mentaux négatifs étaient l’esprit lui-même, on ne pourrait pas s’en débarrasser grâce aux facteurs mentaux qui contrecarrent ces émotions négatives. Il est essentiel de cultiver des antidotes aux émotions négatives. Plus nous développerons la patience et plus nous développerons dans notre esprit ce qu’on appelle la paix, le bonheur et la félicité. C’est quelque chose de très important. Nous pouvons imaginer que depuis de très nombreuses vies, nous avons accumulé beaucoup d’actions négatives, nous avons été plongés depuis longtemps dans les afflictions, dans les facteurs mentaux négatifs. Il est donc très difficile de développer la vertu, car nos empreintes mentales, nos empreintes karmiques, sont depuis longtemps entraînées dans un cycle vicieux. Plus nous développons des émotions négatives, plus nous effectuons des actions karmiques négatives, et plus ces actions posent des empreintes mentales dans notre conscience. Si un individu, avec une motivation bien orientée ou bien définie, souhaite commettre une action, celle-ci portera des fruits très importants. Si la motivation est positive, l’action sera positive. Mais généralement, nos motivations tournées vers nous-mêmes sont négatives et les actions qui s’en suivent sont aussi négatives. Les 51 facteurs mentaux décrits dans les textes de phénoménologie et de psychologie bouddhistes, nous les possédons dans notre propre continuum de conscience. Le matin, le soir... pendant toute la journée nos facteurs mentaux fonctionnent régulièrement. Pour déterminer ce qu’est l’essence d’un facteur mental, il est important de voir qu’il se manifeste en fonction d’un objet qui apparaît à la conscience. Chaque facteur mental est décrit suivant la fonction qu’il donne dans l’esprit. Il y a 6 classes de facteurs mentaux qui sont décrites comme on le disait précédemment : – 5 facteurs mentaux omniprésents (tib. : kundro sem djoung)
Pour expliquer les fonctions de ces émotions que nous subissons continuellement, on peut par exemple décrire les 5 facteurs omniprésents qui sont : – La sensation (tsorwa)
Le premier facteur mental omniprésent est la sensation. Il est dit qu’en possédant son propre objet, sa caractéristique est de transmettre une expérience qui est, soit positive, soit négative, soit neutre. Le second facteur mental est la distinction ou la discrimination. Suivant la définition qui en est donnée, sa fonction est le fait de choisir, de faire le tri entre plusieurs objets. Le troisième facteur mental omniprésent est l’intention. C’est ce qui fait se mouvoir l’esprit vers tel ou tel objet. Sa caractéristique est donc un rapprochement par rapport aux objets. C’est une orientation de l’esprit vers tel ou tel objet. Vient ensuite l’application mentale. Sa caractéristique est le fait de porter l’esprit de manière continue sur ces objets. C’est assez similaire de l’intention qui fait se mouvoir l’esprit sur ses objets. Là , l’esprit se meut vers ces objets mais s’y applique et y demeure de manière plus continue. Le dernier de ces 5 facteurs mentaux omniprésents est ce qu’on appelle le contact. C’est le facteur mental qui entraine la sensation, qui fait le lien entre l’objet et la conscience qui l’appréhende. Pour évoquer de manière brève les 5 facteurs déterminatifs, ce sont ceux qui permettent à l’esprit, comme leur nom l’indique, de déterminer ses objets. Parmi ces 5 facteurs mentaux déterminatifs, l’aspiration est le fait de vouloir accomplir un objet, un but. C’est assez similaire à l’intention qui fait vouloir amener l’esprit vers tel ou tel objet. Ca peut entraîner la persévérance ou l’enthousiasme. Nous pouvons maintenant évoquer le sujet qui peut nous préoccuper de manière prépondérante dans la vie de tous les jours, les 11 facteurs mentaux vertueux : – La confiance (dépa)
Concernant le premier facteur mental vertueux, la confiance, on parle aussi parfois de foi, mais, contrairement à cette dernière, la confiance est d’une manière générale plus fondée sur la raison. On parle de plusieurs types de confiance. (En mettant de côté la confiance inspirée) la première est la confiance d’aspiration. Nous aspirons à posséder les mêmes qualités que ceux envers qui nous avons confiance. La deuxième, fondée sur la raison est aussi importante. Ce sont ces deux types de confiance qui vont nous permettre de développer la vertu. Vient le second facteur mental qui est le sentiment de honte. C’est un facteur mental positif car il nous permet d’éviter de commettre des actions négatives. Lorsqu’on sait qu’on commet une action négative on développe un sentiment de honte pour stopper cette activité négative. Le troisième facteur mental vertueux, la considération, le respect envers les autres, est assez similaire au deuxième, le précédent. On évite de commettre des actions négatives par respect envers les autres et non plus seulement envers soi-même. Vient ensuite l’absence d’attachement. D’une manière générale lorsqu’on a de l’attachement, on souhaite posséder l’objet de nos désirs. Là , au contraire, c’est un esprit qui se détourne d’un objet, c’est un esprit qui n’a pas d’attachement, qui est équanime par rapport à l’objet. L’absence de haine, c’est l’absence d’aversion, un esprit qui ne souhaite pas blesser une personne ou détruire un objet. La persévérance, ou nommée parfois « diligence  », est le fait de souhaiter développer les qualités. On dit aussi que c’est l’enthousiasme à accomplir la vertu. L’équilibre, qu’on peut aussi nommer agilité ou souplesse, possède deux aspects : l’équilibre corporel et l’équilibre de l’esprit. La définition de la souplesse est « ce qui est apte à accomplir  » ce qu’il doit accomplir. Pour le corps il s’agit des activités habituelles telles que marcher, manger, avoir un corps en bonne santé, qui fonctionne bien. Pour ce qui est de l’esprit, cet équilibre peut naître de la méditation où il est plus facile d’abandonner les pensées inutiles, celles qui ne nous aident pas sur le chemin. Cet équilibre mental peut aussi nous permettre de savoir ce qu’il faut et ne faut pas accomplir, c’est-à -dire développer la vertu et abandonner les actions négatives. Pour revenir à l’équilibre corporel, on voit souvent certaines pratiques spirituelles comme par exemple le Hatha yoga, où sont effectués les mouvements yoguiques ; or ce genre de pratique peut favoriser cette souplesse corporelle, ce qui est très bon pour le corps. Nous pouvons maintenant évoquer les facteurs mentaux négatifs principaux, ceux qui nous occupent d’une manière générale. Il s’agit de : – L’attachement ou la saisie (deutchak)
Le premier de ces facteurs mentaux négatifs est l’attachement. Lorsque nous voyons un objet qui nous semble plaisant, d’une manière spontanée nous voulons nous en rapprocher, nous souhaitons posséder cet objet. Il y a différents types d’attachement, très nombreux : envers la nourriture, envers les vêtements, et des tas d’autres objets divers. Une fois que nous voyons ces objets, nous souhaitons les posséder, les saisir. Concernant la haine, sa définition, exposée dans les traités de psychologie, évoque un esprit dénué de patience, un esprit qui souhaite blesser, une conscience qui souhaite détruire. La sensation que nous avons lorsque nous possédons ce facteur mental, est de voir les êtres comme des ennemis, et nous ne souhaitons donc pas qu’ils éprouvent le bonheur, qu’ils soient heureux. L’orgueil est un facteur mental engendrant le fait que lorsqu’on a des possessions et une bonne situation, on se sent important ; ce facteur mental a pour fonction de nous empêcher d’avoir du respect ou de l’attention envers les autres. L’ignorance (qu’on peut aussi appeler « ignorance fondamentale  ») est un facteur mental qui nous fait voir les choses d’une manière erronée. La fonction de cette ignorance fondamentale est de faire naître les afflictions que sont les autres facteurs mentaux perturbateurs. Passons au doute affligé. Il existe certaines formes de doute positif, mais celui-là est négatif. C’est le fait d’être incapable de choisir entre deux solutions opposées, et ceci est la définition même indiquée dans les traités. Il s’agit, par exemple, d’un facteur mental qui nous empêche d’accéder à une connaissance véritable de telle action qui serait vertueuse ou de telle autre qui serait négative. On n’arrive pas à choisir ce qui est bon pour nous-mêmes et pour les autres. Nous allons évoquer de manière assez brève les 20 facteurs mentaux négatifs secondaires. – La colère, le fait d’être irritable, quand on a un peu le « sang chaud  » (throwa)
Pour ce qui est du premier facteur mental négatif secondaire, le fait d’être irritable ou susceptible, c’est vouloir commettre des actions négatives par le corps, sous le coup de la colère. La rancœur est le fait de ne pas avoir de patience envers les autres, le fait d’avoir été heurté par exemple. Le sentiment de revanche est le fait de souhaiter rendre la pareille à quelqu’un tout en cachant les choses, et en ne voulant pas montrer une action non-vertueuse, avec hypocrisie. Vient ensuite l’irritation. Le premier facteur était le fait de vouloir heurter par le corps, là c’est d’abord et surtout avec la parole, de manière verbale. Le sentiment de jalousie est le fait de ne pas supporter le bien ou la vertu des autres. L’avarice ou l’avidité est le fait de ne pas souhaiter donner aux autres, de ne pas développer la générosité. C’est un sentiment de saisie ou d’attachement envers nos propres biens. La duplicité ou la prétention est le fait de ne pas posséder certaines qualités et de vouloir en remontrer aux autres, par rapport à ces qualités supposées. C’est le fait d’être double, de mentir. Le fait de vouloir cacher les choses est similaire à l’hypocrisie. La dissimulation revient donc garder secret en soi notre sentiment, nos fautes, etc. Le facteur mental de suffisance est assez similaire à l’orgueil, car, bien qu’un peu moindre, elle nous empêche de considérer les autres, de faire attention aux autres. L’absence de compassion ou la cruauté, est l’opposé même du dernier facteur mental vertueux qui est la non-violence. Notre esprit est ici porté à ne pas prendre soin des autres, ne pas leur éviter du mal, au contraire. Concernant l’absence de honte, qu’on peut aussi qualifier d’ « indignité  », elle élimine ce qui pourrait nous éviter de commettre des actions négatives, et c’est donc l’absence du sentiment de honte où nous nous sentons alors libres d’accomplir des actions négatives ou non-vertueuses pour nous-mêmes. L’absence de considération est aussi similaire à l’absence de honte. C’est se sentir libre de commettre des actions négatives aux yeux des autres. L’obscurcissement ou la torpeur est en fait une absence d’équilibre par rapport au corps. Nous avions parlé des facteurs mentaux vertueux donc la souplesse du corps et de l’esprit. Là , c’est son opposé qui empêche au corps et à l’esprit d’être aptes à accomplir des actions vertueuses. L’agitation est le fait, pour l’esprit, d’être complètement perdu dans ses objets extérieurs. L’absence de confiance est l’opposée direct de la confiance que nous avions parmi les facteurs mentaux vertueux. C’est une absence de confiance inspirée, de confiance raisonnée, etc. La paresse est un facteur mental qui nous empêche d’avoir de la joie à accomplir la vertu. L’absence d’attention, ou la négligence, est un facteur mental qui peut générer l’oubli, le fait de ne pas se souvenir de ce qui est bon pour nous-mêmes et pour les autres. L’oubli est le fait d’oublier d’employer des antidotes lorsque l’esprit s’éloigne des vertus. Ce facteur mental ne concerne pas seulement l’un des 4 antidotes à la paresse en méditation par exemple, mais s’applique d’une manière générale à la vie de tous les jours. L’absence de volonté pour accomplir quelque chose est un facteur mental qui nous empêche d’accomplir le bien des autres, il s’agit de l’indolence. La distraction est le fait d’avoir l’esprit volubile qui n’est pas concentré sur ses objets. Pour terminer cette classification selon la psychologie indo-tibétaine, nous avons les quatre facteurs mentaux variables : – Le sommeil (nyi)
Ce sont des facteurs mentaux qui dépendent totalement de la motivation qui les précèdent. Par exemple si nous nous endormons avec une motivation vertueuse, notre sommeil lui-même sera vertueux, et l’inverse est vrai aussi avec une motivation négative. Et il en va de même pour l’analyse précise. Si nous analysons avec soin, avec précision, comment commettre un vol, cette analyse sera négative. Il est donc important de connaître ces facteurs mentaux, savoir comment fonctionne notre propre esprit afin de pouvoir méditer sur ce qui peut l’aider à s’améliorer et évacuer ce qui le souille. Questions/Réponses Une fois que l’eau et le lait sont mélangés, comment faire pour retrouver l’eau pure ? Oui, c’est en fait important de réfléchir à ce point. C’est un point essentiel. Pour un corps sain c’est entre guillemets « assez facile  » d’appliquer tout cela, mais quand on souffre tous les jours chroniquement comment pourrait-on utiliser un antidote pour que la douleur devienne acceptable et supportable ? C’est une très bonne question. Il est important d’analyser les choses. Lorsque nous avons des problèmes, des difficultés, on essaye de se poser la question : « d’où est-ce que ça vient ?  », « est-ce que ça apparaît sans qu’il y ait des causes ?  », etc. En analysant, les choses on se dit qu’en fait, la loi de causalité karmique est vraiment efficiente, effective. Dès qu’on a un problème on se dit que la cause accumulée dans le passé était une graine, et là le fruit advient. Une fois que le fruit advient la « graine est grillée  ». Cela nous permet d’avoir déjà évacué un passé négatif. En parlant de souffrance, quand on a de la compassion pour les autres, qu’on voit la souffrance des autres et qu’on prend en soi ces souffrances. Emotionnellement, comment peut-on faire pour avoir cette compassion et ne pas souffrir soi-même ? Comment peut-on prendre par compassion sur soi sans souffrir ? Oui, c’est assez délicat. Sa Sainteté le Dalaï Lama évoque beaucoup ce point. Il dit que lorsque notre motivation est profondément altruiste notre esprit trouve en lui-même un moteur très puissant. Ce n’est pas une compassion qui paralyse. C’est au contraire une énergie très puissante qui nous fait nous tourner vers le bien des êtres. On s’est éloigné un petit peu... puisqu’on parle de la compassion, ça sera le sujet de ce week-end. Geshe-la nous parlera samedi et dimanche de la compassion et de la sagesse. Généralement, le plus important dans tout ce qui a pu être dit ici, c’est d’examiner nos actions et d’être quelqu’un de bien tout simplement, d’avoir un esprit bon, un bon continuum de conscience. Merci
Pèndé Tcheuling
|
|