BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter Buddhaline

Même rubrique

L’art de se guérir - Thich Nhat Hanh
Il n’y a rien àjeter - Soko Morinaga
Oui, nous pouvons espérer - Joan Halifax
La Méditation Vipassana - Bhante Henepola Gunaratana
Le boudhisme, les refuges et les préceptes - Ajahn Khemasiri
La vie àl’hôpital du Bouddha - Thanissaro Bhikkhu
Entraînement aux Dix Merveilleux Mouvements àla Pleine Conscience - Thich Nhat Hanh
Autres textes
Le monde de la compassion existe - Sofia Stril-Rever Sa Sainteté le Dalaï Lama
Les quatre nobles vérités - Michel Henri Dufour
La Renaissance - Vénérable Thich Huyen-Vi
En hommage àSa Sainteté le Dalaï-Lama - Trulshik Rinpoché
Pardonner ce n’est pas oublier - Rév. Jiken Kakudo
La grande paix naturelle - Sogyal Rinpoché
Comprendre le fonctionnement de son esprit - Lama Thubten Yeshe
Mazu

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Enseignements


Comment cultiver la Voie

Par Mazu

Un moine demanda un jour àMazu : « Comment doit-on cultiver la Voie ?  »

– Mazu répondit : La Voie ne relève pas de la culture. Si l’on dit que la Voie peut être cultivée, une fois la culture accomplie, il y a ànouveau destruction, et l’on est semblable àun auditeur (çravaka). Si l’on dit que la Voie ne peut être cultivée, l’on est semblable àun être ordinaire.

– Le moine : « Par quelle sorte de compréhension peut-on atteindre la Voie ?  »

– Mazu : La nature propre est originellement parfaite. Celui qui ne stagne pas dans les phénomènes bons ou mauvais est appelé « celui qui cultive la Voie  ».  » S’attacher au bien, rejeter le mal, contempler la vacuité, entrer en contemplation (samâdhi), tout cela n’est que créations (de l’esprit). Ceux qui cherchent la Voie àl’extérieur s’en éloignent sans cesse de plus en plus. Qu’ils épuisent les pensées du Cœur de ce triple monde ; mais qu’une seule pensée subsiste dans le Cœur, et la racine fondamentale de la transmigration dans le triple monde demeure. Lorsque cette seule pensée disparaît, la racine fondamentale de la transmigration est éliminée et l’on obtient le trésor précieux et suprême du Roi de la Loi. Depuis d’innombrables kalpa, les pensées fausses des êtres ordinaires, leurs ruses, leur fausseté, leur orgueil et leur arrogance sont unis au corps de l’Unité. Il est dit dans le (Vimalakirti) soà»tra : « Ce corps est un assemblage de nombreux dharma. Quand il naît, ce sont seulement les dharma qui naissent ; quand il périt, ce sont seulement les dharma qui périssent. Quand ces dharma naissent, ils ne disent pas : je nais ; quand ils périssent, ils ne disent pas : je péris.  »

Lorsque la pensée d’avant, la pensée d’après et la pensée du milieu ne sont pas reliées entre elles, chaque pensée est dans l’extinction (nirvâna) et l’on appelle cela : « Samâdhi du sceau de l’océan  » (sagaramudrasamâdhi), qui englobe toutes choses, pareil àl’océan auquel retournent les cent mille cours d’eau différents, et qui tous sont l’eau de l’océan àla saveur unique et comprenant toutes les saveurs.

Celui qui demeure dans le vaste océan se fond àtous les cours d’eau, celui qui se baigne dans ce vaste océan utilise toutes les eaux. Alors que l’auditeur est àla fois égaré et éveillé, l’être ordinaire est àla fois égaré et éveillé. L’auditeur n’a pas compris que le Cœur saint ne comporte fondamentalement ni causalité, ni degrés, ni pensées fausses. Ainsi il cultive la cause pour réaliser le fruit et demeure pendant vingt mille, quatre vingt mille kalpa dans le samâdhi de la Vacuité. Bien qu’il soit déjàéveillé, cet éveil est un égarement. Tous les bodhisattva considèrent cela comme subir les souffrances de l’enfer. L’auditeur, ayant sombré dans la Vacuité et stagnant dans l’extinction (nirvâna), ne voit pas la nature de Bouddha.

Si un être de racine supérieure rencontre un ami de bien (Kalyanamitra) capable de le diriger, il comprendra par ses paroles qu’il n’y a pas d’étapes ni de stades et sera subitement éveillé àsa nature originelle. Il est dit dans un soà»tra : « Les êtres ordinaires ont le cœur inversé, les auditeurs non.  » Ainsi on parle d’éveil par rapport àl’égarement, mais puisqu’il n’y a originellement pas d’égarement, il n’y a pas non plus d’éveil. Tous les êtres, depuis un nombre incommensurable de la kalpa, ne sont jamais sortis du samâdhi de l’essence de la doctrine (dharmatâ). Tout en résidant en permanence dans ce samâdhi, ils mangent, se vêtissent, discutent, répondent. En définitive, le fonctionnement des organes des sens et tous les actes sont l’essence de la doctrine. Ceux qui ne savent pas retourner àla source s’attachent aux noms, poursuivent les phénomènes, de sorte que s’élèvent passions erronées et pensées fausses, et ils cultivent toutes sortes de karma. Mais pour qui est capable en une seule pensée de retourner àla source, son être entier devient le Cœur saint.

Que chacun d’entre vous parvienne àson propre Cœur, ne vous attachez pas àmes paroles. Même si j’étais éloquent et parlais de sujets aussi innombrables que les grains de sable du Gange, le Cœur n’augmenterait pas ; même si aucun discours n’étais prononcé, le Cœur ne diminuerait pas. Ce qui parle d’obtention, c’est votre Cœur, ce qui parle de non-obtention, c’est aussi votre Cœur. De même si vous multipliez votre corps, émettez de la lumière, faites des dix-huit miracles, cela ne vaut pas de faire retourner le moi àla cendre éteinte. Les cendres éteintes, même arrosées, sont sans vitalité, comme un auditeur qui cultive fictivement la cause pour réaliser le fruit. La cendre éteinte, pas encore arrosée, a vraiment de la force, comme le bodhisattva dont le karma et la Voie sont mà»rs et purs, et qui n’est pas affecté par tous les maux. Ainsi, si je commence àparler du Tripitaka, de l’enseignement puissant du Tathâgata, je parlerai sans fin pendant des kalpa aussi innombrables que les grains de sable du Gange, ce sera comme un crochet qui sans cesse vous accroche. Mais si vous avez pris conscience du Cœur saint, il n’y aura pas d’autre affaire, et vous vous tiendrez constamment dans ce trésor précieux.

Traduction du chinois par Catherine Despeux
In Les entretiens de Mazu, maître chan du VIIIe siècle.
Editions Les deux océans, 1980.



Kalyanamitra Shi Fasheng


http://ibsworld.wordpress.com/





Buddhaline

E-mail: Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard