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> Bouddhisme > Enseignements


Aperçu sur le kamma suivant le bouddhisme

Notre délivrance ainsi que notre chute dépendent de nous-mêmes, de nos attitudes mentales et des oeuvres que nous accomplissons en fonction de ces attitudes.

Par Vénérable Parawahera Chandaratana

Voilàune chaîne qui relie d’innombrables vies, qui les forme pour ainsi dire, jusqu’àatteindre la délivrance finale.

Cette loi du kamma (sanscrit : karma) fait partie des enseignements essentiels dans le Bouddhisme. Ne pas oublier que cette loi n’a pas d’origine dans le temps ; rien ne peut la modifier, encore moins l’annuler. Ce concept fait la différence entre le bouddhisme et d’autres religions.

Le kamma est inhérent àla renaissance (samsâra) ; dans ce samsâra qui est un cercle de continuité, les deux concepts relatifs nommés « Bien  » et « Mal  » sont inclus. Cette « roue  » de la vie demeure tant qu’il y a soif (tanhâ) de la vie, et désir (kâma) de celle-ci, voire tant qu’il y a gratification des sens. De même tant que ces derniers se maintiennent, il n’y a point de Libération, mais la souffrance continue. L’origine de ces phénomènes est l’ignorance.

Quant aux mécanismes de la renaissance, fruit du kamma, le bouddhisme enseigne, que tout être est un agrégat d’énergies matérielles et mentales. Après la mort, àsavoir après l’arrêt du fonctionnement de l’organisme physique, les énergies demeurent vives : ce sont la volonté et le désir ardent d’exister, de progresser dans son existence... Ils sont si puissants qu’ils se manifestent de nouveau avec un autre corps en fonction, chargé du bien, du mal et de toutes les transformations opérées et « préparées  » dans les vies antérieures. Tout cela s’accumule dans le corps d’autant plus qu’il est le « créateur  » de celui-ci.

Voilàle processus de la réexistence, la « renaissance  » . Dans le cours d’une même vie nous naissons, mourons et renaissons chaque instant, tout en continuant àexister, et ce, sans nécessité d’un atman ou d’une âme immuable.

La renaissance ne suppose pas l’existence d’une âme inchangée voire figée indépendamment du corps et du mental, qui « recevrait  » un nouveau corps, châtiée ou récompensée par celui-ci, une âme déchue tombée du monde spirituel dans le « gouffre  » de la matière. De plus, suivant le bouddhisme il n’est pas question de rétribution ou de punition accordée ou infligée àl’être vivant par une divinité gouvernante ; mais il s’agit d’un processus de causes et effets, d’actions et de réactions ; autrement dit : c’est une loi inchangeable.

Les agrégats d’énergies physiques et mentales qui composent la « vie  » , changent incessamment et àtout instant ; ils meurent et sont ravivés. La vie est un flux ininterrompu sans qu’il ait besoin d’une substance transmigrant d’un corps àun autre, ni d’une étape àune autre.

Le Bourget, mai, 1988.

Vésak de l’année bouddhique 2532.



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