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Pour Nourrir Notre Joie

Un guide pour les pratiques et les activités (de Pleine Conscience) rédigé par les moines et les moniales du Village des Pruniers

Par Thich Nhat Hanh

Pour votre usage et avec l’autorisation du Village des Pruniers, nous avons reproduit le livret Pour Nourrir Notre Joie ..., un guide pour les pratiques et les activités (de Pleine Conscience) rédigé par les moines et les moniales du Village des Pruniers. Nous espérons que ces pratiques saurons nourrir votre propre Joie et nous vous suggérons, dans l’esprit du dana, d’envoyer une contribution volontaire au : Village des Pruniers, Le Pey, Thénac 24240 Sigoulès, France.Une fleur de lotus àvous !

Introduction

La pleine conscience est l’énergie générée par une personne qui est pleinement consciente de ce qui se passe dans le moment présent. C’est une pratique continue qui consiste àtoucher profondément la vie àchaque instant de notre vie courante. Être pleinement conscient c’est être vraiment vivant, présent et faire un avec ceux qui sont autour de nous et avec ce que nous sommes en train de faire. Nous établissons une harmonie entre notre corps et notre esprit pendant que nous lavons la vaisselle, conduisons la voiture ou prenons notre douche.

Ici, au Village des Pruniers, nous faisons exactement les mêmes choses que lorsque vous êtes chez vous : marcher, s’asseoir, travailler, manger etc ... la différence c’est que nous le faisons en pleine conscience, attentifs àce que nous sommes en train de faire. Nous pratiquons la pleine conscience àchaque moment de la journée, pas seulement dans la salle de méditation mais aussi dans la cuisine, les toilettes, dans nos chambres et quand nous nous déplaçons d’un endroit àun autre.

En pratiquant ensemble, au sein de la Sangha, l’atmosphère devient plus joyeuse, plus détendue et plus stable. Nous sommes des cloches de pleine conscience pour les autres, nous aidant mutuellement tout au long de la journée. Avec le soutien de la communauté, nous pouvons pratiquer pour cultiver la paix et la joie en nous et autour de nous, comme un cadeau que nous dédions àtous ceux que nous aimons. Nous pouvons cultiver notre solidité et notre liberté : être solides dans nos aspirations les plus profondes et libre de nos peurs, de nos erreurs et de nos souffrances.

Chers amis, essayons d’être intelligents et habiles dans notre pratique, abordons chacun de ses aspects avec curiosité et envie d’apprendre. Pratiquons avec compréhension et pas pour la forme et les apparences. Savourez votre pratique, soyez détendus, ayez l’esprit ouvert et le coeur réceptif.

Respirer

Notre respiration est un terrain stable et solide sur lequel nous pouvons prendre refuge. Quel que soit notre état d’âme nos pensées, nos émotions et nos perceptions - , notre respiration est toujours avec nous comme une amie fidèle. Chaque fois que nous sommes entraînés par une émotion forte ou perdue dans nos soucis ou dans nos projets, nous retournons ànotre respiration pour calmer et libérer notre esprit.

Nous prenons conscience du flux d’air qui entre et sort de notre nez, nous sentons combien notre respiration est légère, naturelle, calme et paisible. À tout moment, pendant que nous sommes en train de marcher, de jardiner, de laver la vaisselle ... nous pouvons retourner àcette source de vie paisible. Et nous pouvons réciter le gatha suivant :

" J’inspire et je sais que je suis en train d’inspirer

J’expire et je sais que je suis en train d’expirer."

Nous n’avons pas besoin de contrôler notre respiration ; il suffit de l’observer telle qu’elle est réellement. Elle peut être longue ou courte, profonde ou superficielle. Peu àpeu, avec la pratique, elle deviendra naturellement plus lente et plus profonde. La respiration consciente unit notre corps et notre esprit et nous apporte l’énergie de la pleine conscience àchaque instant de notre vie.

Les cloches de pleine conscience

Lorsque vous entendrez la cloche, la sonnerie du téléphone ou la musique du carillon, vous remarquerez que tout le monde autour de vous s’immobilise et s’arrête de parler. Ce sont nos cloches de pleine conscience. Quand elles retentissent, nous arrêtons tout ce que nous sommes entrain de faire, nous relâchons notre corps et notre esprit et nous retournons ànotre respiration. Nous faisons cela le plus naturellement possible, avec plaisir, sans être solennels ni rigides. Le son de la cloche nous interpelle :

"J’écoute, j’écoute, ce son merveilleux me ramène àma vraie demeure."

En nous arrêtant, en revenant ànotre respiration et restaurant notre calme et notre paix, nous devenons libres, notre travail devient plus agréable et l’ami qui est en face de nous devient plus vivant. Quand vous rentrerez chez vous, vous pourrez utiliser la sonnerie du téléphone, les cloches de l’église de votre village ou de votre quartier, le chant d’un oiseau, ou tout autre bruit familier. Avec seulement trois respirations conscientes, nous pouvons relâcher les tensions dans notre corps et dans notre esprit et redevenir plus calmes et plus libres.

S’incliner ou ne pas s’incliner

Thay dit souvent àses étudiants : " S’incliner ou ne pas s’incliner n’est pas l’essentiel. L’important c’est d’être pleinement conscient". Quand nous saluons quelqu’un en nous, nous avons l’occasion d’être présents avec nous-mêmes ... inclinant, nous avons l’occasion d’être présents avec nous-mêmes, avec cette personne et de rencontrer la nature de Bouddha en chacun de nous. Nous ne saluons pas seulement pour être polis ou par habitude, mais pour rendre grâce au fait d’être vivants.

Quand nous voyons un frère qui joint ses paumes de main et qui s’incline devant nous, nous pouvons faire de même. Pendant l’inspiration, nous disons silencieusement "Un lotus pour vous", pendant l’expiration, nous nous inclinons et nous disons "Bouddha en devenir". Nous faisons cela en étant vraiment conscients que la personne est làen face de nous. Nous nous inclinons avec sincérité et de tout notre coeur.

Parfois, nous ressentons une relation très profonde avec ce qui est en face de nous et nous éprouvons un sentiment de reconnaissance et d’émerveillement. Il peut s’agir d’une fleur, d’un coucher de soleil, d’un arbre ou de gouttes de rosée. Nous nous inclinons alors de la même façon pour offrir notre gratitude.

Les gathas

Les gathas sont de courts poèmes qui nous aident àmaintenir notre pleine conscience tout au long de nos activités quotidiennes. Ils nous aident àposer un regard neuf sur l’acte que nous allons accomplir et cela peut transformer nos perceptions, même pour des gestes quotidiens comme ouvrir un robinet, allumer la lumière ou fermer une porte. Quand nous concentrons notre esprit sur un gatha, nous retournons ànous-mêmes et devenons plus attentifs àchaque mouvement ; quand nous avons fini de réciter le gatha, nous poursuivons notre action avec une attention accrue.

Quand nous tournons le robinet, nous pouvons regarder en profondeur et voir combien l’eau est précieuse. Sachant que des milliers de gens n’ont rien àboire, nous prenons conscience de l’importance d’une seule goutte d’eau. Quand nous nous brossons les dents, nous faisons le voeu de ne prononcer que des paroles aimantes. Avant de démarrer notre voiture nous pouvons utiliser le gatha suivant :

"Avant de démarrer la voiture, je sais où je vais.

La voiture et moi ne faisons qu’un.

Si la voiture roule vite, c’est moi qui irai vite"

Le gatha nous aide àréunir notre corps et notre esprit. Avec un esprit calme et clair, pleinement attentifs aux activités de notre corps, nous minimisons les risque d’accident.

Les gathas sont des nourritures pour notre esprit ; ils nous apportent la paix, la tranquillité et la joie que nous pouvons partager avec les autres. Les gathas nous aident àmaintenir notre pleine conscience tout au long des multiples activités de notre vie quotidienne. Il y a beaucoup de gathas disponibles dans notre livre de chant.

La méditation marchée

Quel que soit l’endroit ou vous vous trouvez, vous pouvez pratiquer la méditation marchée. Il suffit de prendre conscience que vous êtes en train de marcher. Au Village des Pruniers, nous marchons juste pour le plaisir de marcher, avec liberté et solidité, sans nous dépêcher. Nous sommes présents àchacun de nos pas. Quand nous souhaitons parler, nous nous arrêtons de marcher et nous prêtons toute notre attention àla personne en face de nous, ànos paroles et ànotre écoute.

Marcher de cette manière ne devrait pas être un privilège réservé aux moines ou aux moniales, nous devrions tous en être capables àtout moment. Arrêtez-vous, regardez autour de vous et voyez comme la vie est merveilleuse : les arbres, les nuages blancs, le ciel infini. Écoutez les oiseaux, savourez la brise légère. La vie est tout autour de nous, nous sommes vivants, en bonne santé, capables de marcher en paix. Marchons comme une personne libre et sentons nos pas devenir plus légers au fur et àmesure que nous marchons. Exprimons notre gratitude et notre amour àla Terre. Apprécions tous les pas que nous faisons, chaque pas nous nourrit et nous guérit. Vous pouvez, si vous le souhaitez, utiliser un gatha. Faites deux ou trois pas pour chaque inspiration et pour chaque expiration.

A l’inspiration "je suis arrivé" ; àl’expiration "je suis chez moi"

A l’inspiration "je suis ici" ; àl’expiration "maintenant"

A l’inspiration " je suis solide ", àl’expiration " je suis libre "

A l’inspiration " dans la réalité ultime " ; àl’expiration " je m’établis "

Le matin au réveil

" M’éveillant ce matin, je souris.

Je sais que j’ai vingt-quatre heures toutes nouvelles devant moi

Je fais le voeu de les vivre pleinement

En posant sur le monde les yeux de l’amour "

Après avoir récité ce gatha, vous pouvez poursuivre avec un sourire et faire le voeu de consacrer cette journée àréaliser la voie de la compréhension et de l’amour. Vous êtes conscient qu’aujourd’hui est un jour nouveau et que vous avez vingt-quatre heures précieuses àvivre. Maintenant, vous pouvez vous étirer. Après trois respirations profondes, asseyez-vous sur le bord de votre lit et massez-vous doucement la tête, puis la nuque, les épaules, les bras pour faire circuler le sang. Levez-vous et faites quelques étirements pour dénouer vos articulations. Ensuite, vous pouvez boire une tasse d’eau tiède, vous laver avant d’aller méditer. Accordez-vous assez de temps pour ne pas avoir àvous dépêcher. L’hiver, il fait encore nuit àcinq heures du matin et vous pouvez admirer le ciel étoilé. Les étoiles qui scintillent sont comme des amies qui vous saluent. Inspirez profondément et savourez l’air frais. Laissez votre corps et votre esprit s’imprégner totalement de ces sensations agréables et dirigez-vous lentement vers la salle de méditation.

La méditation assise

La méditation assise est un moyen de retourner chez soi et de prendre soin de soi. A l’instar de la représentation du Bouddha sur l’autel, nous pouvons nous aussi rayonner la paix et la stabilité. Nous nous asseyons le dos bien droit avec dignité et retournons ànotre respiration. Nous portons notre pleine attention àce qui se passe àl’intérieur et autour de nous. Nous laissons notre esprit devenir ouvert et sans limites et notre coeur doux et aimant.

La méditation assise apporte beaucoup de bienfaits. Nous réalisons que nous pouvons être un avec ce qu’il y a àl’intérieur de nous : notre douleur, notre colère, notre irritation ou notre joie, notre amour, notre paix. Nous sommes seulement avec ce qui est làsans nous laisser entraîner. Laissons ce qui est làapparaître, s’installer puis repartir. Nul besoin de rejeter ou de réprimer une pensée, ni de prétendre qu’elle n’est pas là. Observez les pensées et les images de votre esprit avec un regard tolérant et amical. Nous sommes libres de demeurer immobiles et calmes en dépit des orages qui peuvent éclater en nous.

Si vos jambes, vos cuisses ou vos pieds s’ankylosent pendant l’assise, il est essentiel de modifier votre position. Vous pouvez le faire lentement tout en suivant votre respiration, sans bruit et sans déranger vos voisins. La méditation assise doit être un moment agréable. Et comme il est inutile de souffrir àcause de la position, vous devez donc trouver celle qui vous convient.

Entre les deux périodes d’assise, nous pratiquons kinh-hanh dans la salle de méditation. C’est une marche lente et silencieuse où l’on fait un pas le temps de l’inspiration et un pas le temps de l’expiration. Nous sommes conscients des autres tout autour de nous, nous nous sentons en harmonie avec le Corps de la Sangha. Tout le monde se déplace dans un même mouvement, lentement et en pleine conscience. Nous pourrons trouver d’autres suggestions pour agrémenter cette marche dans les livres de Thay ou en demandant des conseils aux sÅ“urs et aux frères aines. Il est préférable d’arriver dans la salle au moins cinq minutes avant le début de la méditation, pour que chacun puisse trouver une place et s’asseoir confortablement avant que la cloche ne soit invitée. Si malencontreusement vous arrivez après le premier son de cloche, n’entrez pas s’il vous plaît. Nous vous invitons àfaire une marche méditative àl’extérieur et àrevenir pour la deuxième période d’assise après le kinh-hanh.

Manger avec la Sangha

Manger ensemble est une pratique de méditation où nous essayons d’offrir aux autres notre présence àchaque repas. Dès que nous entendons la cloche annonçant le repas, nous pouvons déjànous préparer àrecevoir cette nourriture. En nous servant, nous réalisons que plusieurs éléments comme la pluie, les rayons du soleil, la terre, l’air et beaucoup d’amour ont participé àla création de ce repas merveilleux. A travers cette nourriture, nous prenons conscience que notre survie dépend de l’univers tout entier. Nous nous servons en étant conscients de tous les amis qui attendent encore derrière nous et nous ne prenons que la quantité de nourriture qui est bonne pour nous. Avant de manger, nous entendons trois sons de cloche et nous pouvons réciter les cinq contemplations :

1. Cette nourriture est le cadeau de l’univers tout entier, de la Terre, du Ciel et de beaucoup de travail réalisé en pleine conscience.

2. Montrons-nous dignes de le recevoir.

3. Transformons les états mentaux qui nous empêchent de manger avec modération.

4. Ne prenons que les aliments qui nous nourrissent et nous maintiennent en bonne santé.

5. Nous acceptons cette nourriture afin de pratiquer et de réaliser le chemin de la compréhension et de l’amour.

Nous devrions prendre notre temps quand nous mangeons et mâcher chaque bouchée au moins trente fois, jusqu’àce que la nourriture devienne liquide. Cela facilite la digestion ! Apprécions chaque bouchée de notre repas et la présence de nos frères et de nos sÅ“urs dans le Dharma. Établissons-nous dans le moment présent et mangeons de telle manière que la solidité, la joie et la paix soient possibles pendant toute la durée du repas. Le silence et notre pleine conscience renforcent la valeur nutritive des aliments. Dans le but d’approfondir notre pratique, nous restons assis en silence pendant les vingt premières minutes du repas. Puis, après avoir entendu deux sons de cloche, nous sommes autorisés ànous lever et àparler, seulement si c’est nécessaire, en restant parfaitement attentifs a ce que nous faisons ou disons. Quand notre repas est terminé, nous prenons un court moment pour prendre conscience que nous avons fini de manger, que notre bol est vide et notre faim est satisfaite. La gratitude nous emplit quand nous réalisons la chance que nous avons eu de savourer cette nourriture, cette nourriture qui nous permet d’avancer sur le chemin de la compréhension et de l’amour.

La cuisine

La cuisine est aussi un lieu où l’on pratique la méditation. Quand nous sommes de cuisine ou que nous devons nettoyer la cuisine, nous devons aussi exercer notre pleine conscience. Nous ne parlons qu’en cas de nécessité absolue, et seulement àpropos de ce que nous sommes en train de faire. Avant de commencer notre travail, nous pouvons offrir de l’encens sur l’autel de la cuisine pour exprimer notre gratitude de nous rappeler de rester en pleine conscience. Quand nous sommes de cuisine, nous prévoyons assez de temps pour ne pas avoir ànous dépêcher. Soyons conscients que nos frères et nos sÅ“urs comptent sur cette nourriture pour leur pratique. Si nous restons vigilants, notre pleine conscience nous aidera àpréparer une nourriture saine et pleine d’amour.

Si nous sommes affectés àune autre activité, nous pouvons apporter notre soutien àl’équipe qui cuisine en évitant de la déranger. N’entrons dans la cuisine que si c’est absolument nécessaire et en respectant le silence.

Quand nous nettoyons la cuisine ou lavons notre vaisselle, nous le faisons comme si nous lavions le bébé Bouddha. De cette manière, la joie et la paix qui nous habitent rayonnent autour de nous.

Le corps de la Sangha

Toute personne qui vient ici est un membre de la Sangha, même si elle ne vient que pour une semaine. La vitalité et l’harmonie de la Sangha dépendent de chacun d’entre nous.

Dans la société, la plupart de nos souffrances viennent du sentiment d’être séparés les uns des autres. Souvent, nous ne ressentons pas de liens profonds avec les personnes qui vivent tout près de nous : nos voisins, nos collègues de travail et parfois même les membres de notre famille. En vivant avec la Sangha, il est possible de guérir de ce sentiment d’isolement. Au village des Pruniers, nous partageons des chambres de trois ou quatre personnes, nous mangeons côte àcôte, nous lavons la vaisselle et marchons ensemble... Cela fait grandir notre amour et notre compréhension les uns envers les autres.

Thay dit souvent que la Sangha est un jardin rempli de toutes sortes d’arbres et de fleurs. Quand nous pouvons regarder les autres et nous-mêmes comme des fleurs et des arbres magnifiques, nous avons une chance de voir grandir notre compréhension et notre amour les uns envers les autres. Une fleur peut s’épanouir au début du printemps et une autre àla fin de l’été, tel arbre peut produire beaucoup de fruits et tel autre être apprécié pour l’ombre qu’il fournit, pas une plante n’est supérieure, inférieure ou égale àune autre. De même, chacun des membres de la Sangha a des qualités qui lui sont propres. Certes, nous avons tous des zones d’ombre, des faiblesses, mais, si nous pouvons les voir comme un moyen de grandir, alors, nous pouvons apprendre àvivre ensemble en harmonie. Notre pratique c’est de voir que nous sommes une fleur ou un arbre, mais que nous sommes aussi le jardin tout entier. Tout est relié.

Prendre refuge dans les Trois Joyaux

Lorsque nous récitons les cinq entraînements àla pleine conscience ou chantons des soutras, nous prenons refuge dans les Trois Joyaux, en touchant la Terre, pour montrer notre gratitude au Bouddha, au Dharma, et àla Sangha. Prendre refuge c’est montrer notre détermination d’aller vers ce qui est beau, vrai et bon ; c’est aussi reconnaître que nous avons tous en nous la capacité de comprendre et d’aimer.

Le Bouddha est celui qui nous montre la voie dans cette vie. Le Bouddha est un personnage historique qui a vécu il y a deux mille six cents ans, mais il a aussi tous les Maîtres ancestraux qui nous relient àlui. Le Bouddha est aussi la nature éveillée en chacun de nous et tout ce qui dans l’univers nous montre la voie de la compréhension et de l’amour : le regard d’un enfant, les rayons du soleil, la beauté d’une fleur...

Le Dharma c’est l’ensemble des enseignements du Bouddha historique et de ses disciples sous la forme de discours, de commentaires et de préceptes. Il nous montre le chemin conduisant àla paix, au regard profond, àl’amour et àla compréhension. Le Dharma est la totalité des éléments de notre monde et de notre conscience qui nous guident sur le chemin de la libération. Le Dharma vivant est contenu dans chaque coin de l’univers : le nuage flottant nous enseigne silencieusement la liberté et la feuille d’automne tombant doucement nous enseigne le lâcher-prise. Chaque fois que vous respirez en pleine conscience, que vous marchez en pleine conscience ou que vous regardez une autre personne avec les yeux le la compréhension et de la compassion, vous donnez un enseignement silencieux du Dharma.

La Sangha est la communauté de pratique qui vit en harmonie et dans la pleine conscience. Elle est composée de vos Maîtres, de vos amis et de vous-même. Un chemin de forêt peut aussi être un élément de votre Sangha, de même qu’un arbre, qu’une fleur ou que votre chien ou votre chat... Vous pouvez partager vos joies et vos difficultés avec votre Sangha, vous pouvez vous reposer sur votre Sangha : elle est solide et généreuse. La Sangha est une rivière qui coule et serpente, épousant l’environnement dans lequel elle se trouve. Prendre refuge dans la Sangha c’est s’unir au courant de vie, c’est devenir un avec tous nos frères et sÅ“urs dans la pratique. Au sein de la Sangha, vous trouverez la pratique plus facile et plus agréable.

Les cinq entraînements àla pleine conscience

Les Cinq Entraînements sont la base pour une vie heureuse. Ils offrent le moyen de protéger la vie, la rendre belle et digne d’être vécue. Ils offrent aussi la possibilité de conduire àl’illumination et àla libération.

Premier Entraînement

Conscient(e) de la souffrance causée par la destruction de la vie, je suis déterminé(e) àdévelopper ma compassion et àapprendre les moyens de protéger la vie des personnes, des animaux, des plantes et des minéraux. Je m’engage àne pas tuer, àne pas laisser tuer et àne tolérer aucun acte meurtrier dans le monde, dans mes pensées et dans ma façon de vivre.

Deuxième Entraînement

Conscient(e) des souffrances causées par l’exploitation, l’injustice sociale, le vol et l’oppression, je suis déterminé(e) àcultiver mon amour et àapprendre àagir pour le bien-être des personnes, des animaux, des plantes et des minéraux. Je m’engage àpratiquer la générosité en partageant mon temps, mon énergie et mes ressources matérielles avec ceux et celles qui sont dans le besoin. Je m’engage àne pas voler et àne rien posséder qui ne m’appartienne. Je m’engage àrespecter la propriété d’autrui et àempêcher quiconque de tirer profit de la souffrance humaine et de toute autre espèce vivante.

Troisième Entraînement

Conscient(e) de la souffrance causée par une conduite sexuelle inappropriée, je suis déterminé(e) àdévelopper mon sens de la responsabilité afin de protéger la sécurité et l’intégrité des individus, des couples, des familles et de la société. Je suis déterminé(e) àne pas avoir de rapports sexuels sans amour ni engagement àlong terme. Afin de préserver mon propre bonheur et celui des autres, je suis déterminé(e) àrespecter mes engagements ainsi que les leurs. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger les enfants des sévices sexuels et empêcher les couples et les familles de se désunir par suite de comportements sexuels inappropriés.

Quatrième Entraînement

Conscient(e) de la souffrance provoquée par des paroles irréfléchies et par l’incapacité d’écouter autrui, je suis déterminé(e) àparler àtous avec amour afin de soulager leur peine et de leur transmettre joie et bonheur. Sachant que les paroles peuvent être source de bonheur comme de souffrance, je suis déterminé(e) àapprendre àparler avec sincérité en employant des mots qui inspirent àchacun la confiance en soi, la joie et l’espoir. Je m’engage àne répandre aucune information dont l’authenticité ne serait pas établie et àne pas critiquer ni condamner ce dont je ne suis pas certain(e). Je m’engage àne pas prononcer de mots qui puissent entraîner division ou discorde, une rupture au sein de la famille ou de la communauté. Je m’engage àfournir les efforts nécessaires àla réconciliation et àla résolution de tous les conflits, si petits soient-ils.

Cinquième Entraînement

Conscient(e) de la souffrance provoquée par une consommation irréfléchie, je suis déterminé(e) àentretenir une bonne santé physique et mentale par la pratique de la Pleine Conscience lorsque je mange, bois et consomme, ceci pour mon propre bénéfice, celui de ma famille et de la société. Je suis déterminé(e) àconsommer uniquement des produits qui entretiennent le bonheur, la joie et la paix, tant dans mon corps et mon esprit que dans le corps et la conscience collective de ma famille et de la société. Je suis déterminé(e) àne pas faire usage d’alcool ni d’aucunes formes de drogue. Je m’engage àne prendre aucun aliment ou produit contenant des toxines, comme certaines émissions de télévision, certains magazines, livres ou conversations. Je suis conscient(e) qu’en nuisant àmon corps et àmon esprit avec ces poisons, je trahis mes parents, mes ancêtres et les générations futures. Par la pratique d’une consommation raisonnable, je m’engage àtransformer la violence, la peur, la colère et la confusion qui sont en moi et dans la société. Je réalise qu’une discipline alimentaire et morale appropriée est indispensable pour ma propre transformation et celle de la société.

Le silence noble : Le silence qui guérit.

Après la méditation du soir et jusqu’àla fin du petit déjeuner, le lendemain, nous restons en silence au sein de la communauté. Nous appelons cette période "noble silence". Cela nous aide àcalmer notre esprit et ànous préparer àun repos réparateur et àun réveil en pleine conscience le lendemain. Dans cette atmosphère sereine, nous avons l’occasion de regarder plus en profondeur en nous-mêmes. Nous pouvons voir plus clairement nos blessures et le silence devient juste le baume guérisseur dont nous avions besoin. Le silence est aussi un moyen de nous reposer et de conserver notre énergie.

Pendant que nous sommes en silence, nous continuons de regarder les autres autour de nous et de sourire : c’est une forme de communication authentique ! Nous pouvons écrire un message pour communiquer avec un frère ou une soeur, si c’est absolument nécessaire.

Vivre ensemble

Le fait d’être ensemble est déjàen soi, une pratique. Au Village des pruniers nous avons la chance de vivre avec des personnes de différents pays et de différents milieux. Ensemble, nous formons un Corps de Sangha relié par la pratique de la pleine conscience. Avec notre énergie collective, notre calme et notre regard profond, nous pouvons être pour les autres un soutien sur le chemin de la transformation. Il faut pour cela faire preuve de coopération, d’habileté et d’acceptation mutuelle. Nous avons besoin de cultiver la compréhension, l’art de la communication et la générosité. Prenons le temps de connaître les personnes qui sont autour de nous (nous qui négligeons notre voisinage depuis si longtemps !). En vivant ensemble, nous pouvons nous encourager dans la pratique et établir des liens solides entre nous. Partager notre chambre est une occasion de développer la compréhension et la compassion en nous-mêmes et vis-à-vis des autres. Nous pouvons observer ce qui rend l’autre personne heureuse, et, si elle est heureuse, alors nous sommes aussi heureux.

Une bonne entente avec nos compagnons de chambre passe aussi par le partage des tâches ménagères et le respect de quelques règles simples pour ne pas les importuner : demander leur accord avant d’ouvrir la fenêtre, avant de brà»ler un bâton d’encens ou d’allumer la lumière. En étant plein d’égard vis-à-vis de nos amis, nous pourrons créer un environnement favorable. Le plus beau cadeau que l’on puisse offrir àceux qui nous entourent est notre pratique de la pleine conscience et notre sourire.

Un nouveau départ

Un nouveau départ

Prendre un nouveau départ, c’est regarder profondément et honnêtement en nous-mêmes, dans nos actions passées, dans nos paroles et dans nos pensées et créer le renouveau en nous et dans nos relations avec les autres. Au Village des Pruniers, nous faisons un nouveau départ avec toute la communauté deux fois par mois (et individuellement, aussi souvent que nous le souhaitons). Nous faisons un nouveau départ pour rendre notre esprit plus clair et préserver la fraîcheur de notre pratique. Quand une difficulté survient dans nos relations avec un membre de la Sangha, si l’un d’entre nous se sent blessé ou éprouve de la colère, nous savons que c’est le moment de faire un nouveau départ. Nous allons décrire la cérémonie telle qu’elle est pratiquée ici de façon formelle. Une personne prend la parole et n’est pas interrompue pendant le temps de son intervention. les autres participants pratiquent l’écoute profonde et suivent leur respiration.

1ère partie : l’arrosage des fleurs. C’est une occasion pour vous d’exprimer ce que vous aimez dans l’autre personne. Vous pouvez donner des exemples de ce que cette personne a dit ou fait et que vous avez apprécié. Cela met en lumière ce qu’il y a de solide, de beau en elle et cela renforce ses qualités positives.{{}}

2ième partie : aborder les regrets. Vous avez la possibilité de demander pardon àpropos de vos actions, de vos paroles ou de vos pensées que vous trouvez maladroites àposteriori.{{}}

3ième partie : exprimer une souffrance. Peut-être vous sentez vous blessé par ce que vous a dit ou fait un autre membre de la Sangha. Vous ne pourrez exprimer cette souffrance qu’après avoir arrosé les fleurs de cette personne en citant au moins deux qualités positives que vous avez observées en elle. Vous pouvez également aborder ce sujet seul àseul avec cette personne ou en demandant de l’aide àune troisième personne que vous respectez mutuellement et en qui vous avez confiance.{{}}

4ième partie : partager une difficulté tenace et demander le soutien de la communauté. Avec le temps, nous rencontrons tous des difficultés. ... des douleurs du passé qui remontent brutalement àla surface. Quand nous exprimons nos difficultés devant les autres, nous permettons aux personnes assises autour de nous de mieux nous comprendre et de nous apporter ainsi le soutien dont nous avons vraiment besoin.{{}}

La pratique du renouveau nous aide àdévelopper notre capacité àparler avec amabilité et àécouter avec compassion. Le renouveau est une pratique qui nous permet de reconnaître et d’apprécier les éléments positifs àl’intérieur de notre Sangha. Par exemple, vous pouvez remarquer que vos compagnons de chambre vous font partager généreusement leur vision profonde ou qu’un autre ami prend soin des plantes. Reconnaître les traits de caractère positifs des autres nous permet aussi de mieux voir les nôtres.

En plus de ces éléments positifs, nous avons tous des faiblesses, comme la tendance àse mettre en colère ou àêtre victime de perceptions erronées. Quand nous pratiquons "l’arrosage des fleurs", nous favorisons le développement des qualités de l’autre personne tout en affaiblissant ses difficultés. Quand nous "arrosons" mutuellement nos fleurs avec l’amour bienveillant et la compassion, nous enlevons de l’énergie àla colère, àl’avidité et àla souffrance. Nous pouvons pratiquer le renouveau chaque jour en exprimant notre reconnaissance ànos compagnons ou en nous excusant sans délai si nous avons dit ou fait quelque chose qui les a heurtés. Nous pouvons de même leur faire savoir poliment quand quelque chose nous a blessés. La vitalité et le bonheur de la Sangha tout entière dépendent de l’harmonie, de la paix et la joie qui existent entre chacun de nous.

Prendre soin de notre colère

Thay compare souvent notre colère àun petit enfant qui réclame sa mère en criant. Quand l’enfant crie, sa maman le prend doucement dans ses bras. Elle l’écoute et l’observe attentivement pour savoir ce qui ne va pas. Le seul fait de prendre et de tenir son enfant dans ses bras avec tendresse et amour apaise la souffrance du bébé. De même, nous pouvons prendre notre colère avec amour dans nos bras et nous ressentirons un soulagement immédiat. Nous n’avons pas besoin de rejeter notre colère. C’est une partie de nous qui a besoin de notre amour et d’une écoute profonde tout comme le bébé.

Une fois le bébé calmé, la mère peut voir s’il a de la fièvre ou si la couche a besoin d’être changée. De même, quand nous avons retrouvé notre calme et notre fraîcheur, nous pouvons regarder profondément dans notre colère et voir clairement les conditions qui lui ont permis de se manifester.

Quand nous éprouvons de la colère, mieux vaut se retenir de dire ou de faire quoi que ce soit. Il est préférable de se retirer et de s’éloigner de la situation ou de la personne qui a arrosé la graine de colère en nous. Prenez du temps pour revenir en vous-même. Vous pouvez pratiquer la respiration consciente ou la méditation marchée àl’air pur pour calmer et rafraîchir votre corps et votre esprit. Après avoir retrouvé votre calme, vous pouvez commencer àregarder profondément en vous-mêmes et en la personne ou la situation qui a fait resurgir la colère en vous. Quand nous avons une difficulté avec une personne en particulier, c’est souvent parce qu’elle reflète une faiblesse de notre propre personnalité, qu’il nous est difficile d’accepter. Quand nous développons notre amour et l’acceptation de nous-mêmes, cela bénéficie aussi aux autres.

La pratique du second corps

Notre premier corps c’est nous-mêmes, notre second corps étant une autre personne de la Sangha dont nous prenons soin comme si elle était un prolongement de nous-mêmes. Si vous êtes mon deuxième corps, alors je suis pour vous votre "ange gardien". Chaque membre de la Sangha choisit une personne qui sera son deuxième corps, et cette personne choisit, àson tour, quelqu’un d’autre ... Nous créons ainsi un cercle complet dans lequel chaque personne est reliée àla suivante. Essayons d’établir une relation très étroite avec notre "deuxième corps" comme s’il était une partie de nous-mêmes que nous voulons protéger. Ainsi, si notre "deuxième corps" ne se sent pas bien, nous devons trouver le moyen de l’aider : en lui apportant son repas dans sa chambre ou simplement en informant la communauté que notre "deuxième corps" est malade. Si nous remarquons que notre "deuxième corps" n’est pas heureux, nous pouvons trouver un moyen de l’aider après l’avoir observé et après avoir dialogué avec lui. Si nous avons une activité qui nous éloigne momentanément du reste de la communauté, nous devons en informer notre ange gardien.

Notre ange gardien n’est pas un policier chargé de nous contrôler, mais, plutôt quelqu’un qui nous apporte son attention et son soutien, et nous, de la même façon, nous prenons soin de notre "deuxième corps". Chaque personne ayant des différents, nous devons nous montrer perspicaces dans nos interventions : parfois quelques mots gentils suffisent, tandis qu’àd’autres moments, la meilleure façon d’apporter notre aide sera de nous établir fermement dans notre île intérieure. Prendre soin de notre "second corps" est une pratique très concrète ; elle nous oblige àrester en relation les unes avec les autres et àréaliser que nous sommes, chacun d’entre nous, une partie du corps de la Sangha.

Les pratiques corporelles : les mouvements en pleine conscience et la relaxation profonde

Il est important de prendre soin de notre corps. Nous avons besoin d’avoir un corps en bonne santé pour pouvoir pratiquer. Les mouvements en pleine conscience et la relaxation profonde entretiennent notre santé, nourrissent notre bonheur et nous permettent de rester en contact avec notre corps et notre esprit. Nous portons toute notre attention sur notre respiration et les mouvements de notre corps.

La relaxation totale est une pratique qui instaure un climat de paix et d’harmonie au sein de la communauté. Elle permet aux participants de lâcher prise avec leurs soucis et de les ramener dans leur île intérieure. Nous utilisons la respiration comme support, elle est comme une vague qui doucement nous entraîne dans une paix profonde. Dans cet état de repos, notre corps et notre esprit peuvent se libérer de leurs fardeaux. Nous pouvons obtenir un grand soulagement en nous laissant complètement immerger dans cet état de relaxation totale. Après avoir assisté àne relaxation totale conduite par un frère ou une soeur expérimenté(e), vous pourrez utiliser vous-même la technique aussi souvent que vous le souhaitez.

La relaxation totale et les dix mouvements e pleine conscience nous mettent àl’écoute de notre corps. Nous apprenons àêtre doux avec nous-mêmes et àmous donner de l’espace pour comprendre et grandir. En pratiquant de cette façon, notre corps devient un ami et non plus un obstacle ànotre pratique. Devenir plus compatissant envers nous-mêmes nous rend plus compatissant envers les autres. Notre façon de marcher, de nous déplacer, de nous asseoir et de nous tenir debout reflète notre état d’esprit. Quand nous nous déplaçons avec grâce, les personnes qui nous entourent se sentent plus légers et plus détendus.

Se reposer

Savoir se reposer est une pratique profonde. Quand on éprouve des difficultés dans la pratique ou quand on travaille sans pleine conscience, on se fatigue très facilement. La pratique de la pleine conscience ne doit pas être une source de fatigue ; elle doit au contraire apporter de l’énergie. Quand nous reconnaissons que nous sommes fatigués, nous devons trouver tous les moyens possibles pour nous reposer car la fatigue aggrave les problèmes. N’hésitez pas àdemander l’aide de la Sangha. Prendre soin de vous, c’est prendre soin de la Sangha tout entière. Il y a plusieurs façons de se reposer : vous pouvez arrêter ce que vous êtes en train de faire pour aller marcher quelques minutes dehors, faire un jeà»ne pendant un jour ou deux, rester dans le noble silence pendant quelques temps. Soyez attentif àrespecter votre propre rythme pour le bien de toute la communauté. La relaxation totale est un moyen de se reposer, tout comme la respiration consciente, dans la position assise ou allongée. Apprenez l’art de vous reposer et permettez àvotre corps et àvotre esprit de se ressourcer. Ne penser àrien, ne rien faire, voilàcomment vous reposer et guérir.

Travailler avec la Sangha

Participer àla méditation du travail peut être une source de bonheur. Vous pouvez pratiquer la pleine conscience tout en prenant part àl’entretien des biens de la communauté. Pendant que nous lavons les voitures, retournons le compost ou cubons du bois, nous restons pleinement conscients de notre respiration et e ce que nous sommes en train de faire. Nous ne parlons qu’en cas de nécessité et seulement àpropos de ce que nous sommes en train de faire. Un environnement calme rend le travail plus agréable et plus plaisant.

Quand nous travaillons dans le jardin, nous restons en contact avec les plantes et nous nourrissons notre lien avec la terre sur laquelle nous vivons. Quand nous balayons ou lavons le sol de la salle e méditation, nous pouvons voir que nous sommes encore en train de pratiquer et que notre corps et notre esprit sont calmes. De grâce, ne vous dépêchez pas de finir votre tâche plus rapidement. Le plus beau cadeau que nous puissions faire àla Sangha c’est de garder notre pleine conscience !

La méditation du travail nous relie àla vie quotidienne. C’est un entraînement que vous pourrez poursuivre lorsque vous serez de retour chez vous. Arrêtez-vous, suivez votre respiration, calmez votre corps et votre esprit et poursuivez votre travail, que ce soit sur l’ordinateur, dans votre classe avec vos élèves ou pendant que vous préparez le repas pour toute la famille ....Détendez-vous et souriez aux personnes qui sont avec vous.

Écouter un enseignement

Chaque semaine, notre Maître donne un ou plusieurs enseignements. Il est conseillé d’arriver àl’avance afin d’avoir tout le temps de vous installer confortablement et d’établir le calme dans votre esprit. Écoutez avec vos oreilles mais aussi avec votre coeur. Si vous écoutez seulement avec votre intelligence, comparant ce qui est dit avec ce que vous savez, ce que vous avez déjàlu ou entendu ..., vous perdez une occasion de recevoir pleinement le message qui vous est transmis. Le Dharma est comme la pluie, laissons-le pénétrer profondément dans notre conscience et arroser les graines de sagesse et de compassion qui sont déjàen chacun de nous. Soyons comme une terre fraîchement labourée qui reçoit une pluie fine. L’enseignement peut permettre àl’arbre qui est en nous de fleurir et de produire les fruits de la compréhension et de l’amour.

Par respect pour notre Maître, mais aussi pour les enseignements, nous vous demandons de rester assis sur une chaise ou sur un coussin et de ne pas vous allonger. Si vous vous sentez fatigué, gardez votre pleine conscience, changez votre position, faites quelques respirations profondes, massez-vous doucement la tête ou les zones endolories de votre corps. Abstenez-vous de parler ou de faire du bruit. Si vous devez absolument quitter la salle avant la fin de l’enseignement, faites le avec le plus de discrétion possible.

Le partage sur le Dharma

Le partage sur le Dharma est une occasion de nous enrichir mutuellement de notre expérience et de notre vision profonde. C’est le moment de parler de votre joie, de vos difficultés et de poser vos questions sur la pratique de la pleine conscience. En pratiquant l’écoute profonde pendant qu’une personne parle, nous contribuons àcréer une atmosphère calme et recueillie. En apprenant àexprimer nos joies et nos difficultés dans la pratique, nous développons la vision profonde et la compréhension collective de la Sangha. Le but de ce partage est que vous parliez de votre propre expérience, en laissant tomber les idées abstraites et les théories. Nous nous apercevons qu’en fait, beaucoup d’entre nous éprouvent les mêmes difficultés et que nos aspirations se rejoignent. S’asseoir, écouter et partager ensemble nous permettent de constater une fois de plus les liens qui nous unissent les uns aux autres.

Nous attirons votre attention sur le fait que ce qui est dit pendant le partage reste confidentiel. De plus, si une personne parle d’une de ses difficultés devant le groupe, elle n’a pas forcément envie d’en reparler àquelqu’un en tête-à-tête par la suite, il nous appartient de respecter cela.

La méditation du thé

La méditation du thé est un moment où la Sangha est réunie dans une atmosphère joyeuse et sereine pour savourer le thé, tout simplement. Nous avons beaucoup de bonheur àêtre ensemble.

Quelque fois, quand nous buvons du thé avec un ami, nous ne sommes pas conscients du thé ni même de notre ami qui est assis avec nous. Participer àla méditation du thé c’est être vraiment présent avec nos amis et avec le thé. Heureusement, nous avons la possibilité de nous établir dans le moment présent quelles que soient nos peines et nos soucis. Nous sommes assis, détendus, sans avoir rien de spécial àdire. Mais, si nous le souhaitons, nous pouvons offrir une chanson, raconter une histoire ou même danser. Vous pouvez apporter un instrument de musique et préparer quelque chose àl’avance. L’occasion est idéale pour arroser les graines de bonheur et de joie, l’amour et la compréhension en chacun de nous.

Toucher la Terre

Toucher la Terre est une pratique qui nous permet de rentrer en contact profond avec la Terre, avec nos racines, nos ancêtres. Nous réalisons que nous ne sommes pas seuls mais reliés àune multitude d’ancêtres génétiques et spirituels. Nous sommes leur continuation, et, avec eux, nous continuerons le chemin dans les générations futures. Nous touchons la Terre et une partie de la Vie.

Quand nous touchons la Terre, nous redevenons petits, avec l’humilité et la simplicité d’un enfant. Quand nous touchons la Terre, nous devenons grands comme un vieil arbre avec ses racines bien profondes dans le sol buvant àla source universelle. Quand nous touchons la Terre, nous inspirons toute la force et la stabilité de la Terre, et nous expirons toutes nos souffrances, notre chagrin, notre colère, notre haine, notre peur, toutes nos insuffisances...

Nous joignons nos paumes de mains pour former un bouton de lotus, puis nous respirons trois fois profondément, et nous nous prosternons lentement. Notre front, nos avant-bras et nos jambes reposent le plus confortablement possible sur le sol. Nous tournons les paumes de nos mains vers le ciel en signe d’ouverture aux trois joyaux : le Bouddha, le Dharma et la Sangha. Après avoir réalisé cette pratique deux ou trois fois (qu’il s’agisse des trois ou des cinq touchés de la Terre), vous pouvez vraiment vous libérer de beaucoup de souffrances, du sentiment d’aliénation et vous réconcilier avec vos ancêtres, vos parents ou vos amis.

La solitude - S’établir dans notre île intérieure

Bien que nous soyons constamment entourés de la Sangha dans nos activités quotidiennes, nous sommes également seuls. Pour être seuls, nous n’avons pas besoin de grimper au sommet d’une montagne, ou d’aller dans une cabane au coeur de la forêt pour fuir la civilisation. La véritable solitude se trouve dans notre coeur, un coeur stable qui ne se laisse pas perturber par la foule ni par les peines du passé, les inquiétudes de l’avenir ou les préoccupations du présent. Nous ne nous perdons pas, nous ne perdons pas notre pleine conscience. Prendre refuge dans notre respiration consciente, revenir au moment présent, c’est nous établir dans notre île intérieure, une île merveilleuse et sereine.

Nous participons tout ensemble, avec la Sangha, àla méditation assise, àla méditation marchée, àla méditation du travail, mais nous sommes aussi toujours seuls dans notre propre île. Nous aimons être avec nos frères et nos sÅ“urs. Avec la Sangha comme soutien, nous ne nous laissons pas entraîner ou emprisonner dans nos émotions et nos perceptions. Quand nous voyons une soeur marcher en pleine conscience, parler avec amour, travailler avec plaisir, c’est une invitation àretourner dans notre île intérieure. Et retourner dans notre île intérieure c’est retrouver notre solitude. Quand nous passons de bons moments avec les gens qui sont autour de nous, nous ne nous perdons pas dans ces échanges, même au coeur de la société. Nous pouvons sourire et suivre paisiblement notre respiration en nous établissant dans notre île intérieure.

Le jour de paresse

Le jour de paresse, il n’y a pas d’activité particulière. Nous pratiquons comme nous le souhaitons. Nous pouvons faire la méditation marchée seul ou avec un ami, nous asseoir dans la forêt pour méditer. Certains lisent, d’autres écrivent àleur famille ou àleurs amis.

C’est l’occasion de regarder en profondeur notre pratique et nos relations avec les autres. Ce regard sur nous-mêmes est souvent très enrichissant et révélateur. Quelquefois, nous pratiquons avec trop de volonté, cela entraîne une rigidité et une perte d’harmonie en nous. Ce jour de paresse est idéal pour rétablir l’équilibre ... Reconnaître que nous avons simplement besoin de nous reposer ou de pratiquer avec plus d’assiduité, est parfois la chose la plus importante àfaire. Un jour de paresse est l’occasion pour nous-mêmes et pour la Sangha d’apprécier la pratique ànotre propre rythme. Le jour de paresse est un jour très calme pour chacun d’entre nous.

Voyager - Voyager d’un hameau àl’autre, aller en ville

Quand nous devons nous rendre dans un autre hameau, la cloche est invitée quinze minutes avant le départ. Dès que vous entendez la cloche, dirigez-vous vers le parking, comme cela vous ne serez pas en retard et vous ne ferez pas attendre les autres. Accordez-vous assez de temps pour vous préparer sans avoir àvous dépêcher. Dirigez-vous vers un véhicule, asseyez-vous le dos bien droit et suivez votre respiration. Abstenez-vous d’engager des conversations inutiles. Nous vous suggérons plutôt d’observer la campagne merveilleuse des environs.

Quand arrive l’heure du retour, nous vous conseillons d’aller vous asseoir dans le véhicule qui vous a amené et d’attendre làvos compagnons de route.

Si vous utilisez votre véhicule personnel pour faire les déplacements, nous vous remercions de rester avec le groupe et de ne pas profiter de l’occasion pour voyager seul et àl’heure qui vous convient.

Essayez de résister àla tentation d’aller en ville. Le temps que vous passez au village est précieux. Les arbres magnifiques, les forêts, les oiseaux, les autres membres de la Sangha sont autant de nutriments pour votre paix et votre bonheur. L’énergie collective de la Sangha est la chose la plus précieuse. Ne ratons pas une occasion de pratiquer. Si toutefois nous avons vraiment besoin d’aller en ville, ne nous perdons pas, maintenons notre concentration. Restons conscients de ce qui se passe dans notre corps, dans notre esprit et tout ce qui se passe dans notre corps, dans notre esprit et de tout ce qui entre par nos six sens.

Bâtir une Sangha

Bâtir une Sangha c’est comme faire pousser des fleurs. Nous devons savoir ce qui est utile et nuisible àla croissance des fleurs. Nous avons besoin de bonnes graines, d’un jardinier habile, de l’eau, de la terre, de beaucoup de soleil et de patience... Quand nous nous lançons dans la construction d’une Sangha, la chose la plus importante est de se rappeler que nous le faisons ensemble. Plus nous embrassons la Sangha, plus nous nous débarrassons de l’idée d’un soi séparé. Nous pouvons nous reposer sur la sagesse collective et la vision profonde de la Sangha, alors, nous pouvons voir très clairement que les yeux, les mains et le coeur de la Sangha sont bien plus grands que les yeux, les mains et le coeur de chacun d’entre nous.

Nous avons l’occasion d’aider àla construction de notre Sangha en participant aux activités qu’elle propose et en y apportant notre énergie et notre vision profonde. Pour entretenir notre pratique après avoir quitté le Village des Pruniers, nous avons besoin de savoir comment construire une Sangha. Prenez dès maintenant des contacts avec ceux qui sont autour de nous. Quand nous réalisons notre vraie nature d’inter-être, nous établissons naturellement des contacts avec les autres en partageant nos expériences de la pratique et nous recherchons le soutien et les conseils de nos compagnons de pratique.

Thay nous conseille d’être diligents dans la pratique de la pleine conscience. Le passé n’est plus là, le futur n’est pas encore arrivé, c’est seulement dans le moment présent que nous pouvons découvrir le miracle de la vie. En vivant avec cet état d’esprit, nous sommes déjàdes membres précieux pour notre Sangha, et nous saurons comment construire un refuge permanent pour beaucoup d’êtres vivants.

La méditation de l’étreinte

Quand nous serrons quelqu’un dans nos bras, nos coeurs sont reliés et nous savons que nous ne sommes pas des êtres séparés. Embrasser avec notre pleine conscience et notre concentration peut apporter la réconciliation, la guérison, la compréhension et beaucoup de bonheur. La pratique de l’étreinte, réalisée en pleine conscience, a déjàaidé tant de personnes àse réconcilier avec les autres : des pères avec leurs fils, des mères avec leurs filles, des amis entre eux ...

Nous pouvons faire la méditation de l’étreinte avec notre partenaire, une amie, notre fils, notre fille, notre frère, notre soeur, nos parents et même avec un arbre. Nous nous inclinons abord devant l’autre personne en étant bien conscients de la présence de chacun d’entre nous. Puis, nous prenons trois respirations profondes et nous savourons ce moment. Nous ouvrons les bras et nous nous embrassons. Nous restons dans cette position le temps de trois respirations. Avec la première respiration, nous sommes parfaitement conscients de ce moment unique et nous sommes très heureux. Avec la seconde respiration, nous sommes conscients que l’autre personne est ici, vivante dans nos bras, en ce moment, et nous sommes très heureux. Avec la troisième respiration, nous sommes conscients que nous sommes ici, ensemble , sur cette Terre, et cela nous remplit de Joie. Puis nous relâchons notre étreinte et nous nous inclinons tous les deux pour nous remercier.

Quand nous nous embrassons de cette manière, l’autre personne devient plus réelle et plus vivante. Nous n’avons pas besoin d’attendre que l’autre personne soit sur le point de partir. Nous pouvons l’embrasser dès maintenant et recevoir sa chaleur et sa stabilité dans le moment présent.

L’étreinte est une pratique de réconciliation très profonde, et, malgré le silence, le message peut surgir très clairement :

" Chéri(e), tu es très précieux(se) pour moi. Je suis désolé(e), je n’ai pas été très attentif(ve) et prévenant(e). J’ai fait une erreur. Permets-moi de faire un nouveau départ. Je promets ... "

En rentrant àla maison

Il n’y a pas de départ ni d’arrivée. Pour vous, nous sommes toujours làet vous êtes toujours avec nous. Une fois de retour chez vous, quand vous penserez àretourner àvotre respiration, vous saurez que les frères et les sÅ“urs du Village des Pruniers et des milliers de gens partout dans le monde respirent aussi. À tout moment, vous pouvez prendre refuge dans votre respiration consciente, manger en pleine conscience, prononcer des paroles aimantes ... Ce faisant, vous vous sentez relié au corps de la Sangha et vous n’êtes plus seul. Continuez àpratiquer avec vos amis, votre famille ... Au Village des Pruniers, vous avez appris àvivre en harmonie avec la Sangha en essayant de comprendre les autres, de développer votre écoute profonde et votre parole aimante. C’est àvous maintenant d’établir ce type de rapports avec votre famille, vos voisins, vos collègues de travail, les inconnus que vous rencontrez tous les jours dans le bus et le métro ... La pratique de la Pleine Conscience est partout où nous allons. Osez faire le pas, nous sommes avec vous.

"Pour Nourrir Notre Joie ...", un guide pour les pratiques et les activités (de Pleine Conscience) rédigé par les moines et les moniales du Village des Pruniers

Le livret se trouve en version intégrale sur le site du CML de Montréal

http://mpcmontreal.homestead.com/files/index.html

Village des Pruniers, Le Pey, Thénac 24240 Sigoulès, France.

http://plumvillage.org



Village des pruniers
Centre Martineau
33580 Dieulivol
Téléphone :05 56 61 84 18


http://www.villagedespruniers.org/





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