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Le Shingon, bouddhisme tantrique du japon

Le Shingon Dharani Shu est l’enseignement très secret de la parole sacrée du Bouddha en état d’illumination.

Par Thierry Mollandin

Le Shingon est le bouddhisme tantrique du japon, c’est le "Mikkyo" terme traduisant le sanscrit guyayana (véhicule des secrets). Cet enseignement provenant de l’Inde du nord , a été reçu en chine par un moine japonais kukaï qui cherchait a comprendre un texte ésotérique le Mahaavairocanaabhisambodhi. A cette époque bien que ce tantra ai été apporté au japon, personne ne pouvait en expliquer le sens.

Très jeune kukaï avait de fortes disposition pour la pratique spirituelle, une représentation japonaise classique le montre d’ailleurs enfant assis sur un lotus, lui même disait que dans son enfance il rêvait de nombreux bouddhas qui venaient le visiter. Adolescent il fut initié a un rituel tantrique, le gumanji ho qui consistait en une pratique assidue du boddhisattva Akashargarbha, le gardien des trésors du ciel. Cette pratique consiste parallèlement àune pratique de purification très strict àrépéter sur une période de 50 ou 100 jours le mantra d’Akasha (jap kokuzo) pour atteindre le chiffre d’1 million. Il fit cette pratique de nombreuses fois et àl’issue d’une d’entre vit un matin l’étoile venus, l’étoile de l’aube que symbolise Akasha entrer en lui et lui apporter l’illumination. Il n’est pas inutile de faire le rapprochement avec Sakyamuni et son expérience de l’éveil, cette pratique visant àen recréer les conditions.

C’est donc au début du IX siècle que Kukaï, connu ultérieurement sous son titre posthume et honorifique de Kôbô Daïshi, le grand instructeur de la loi, décida àl’issue de nombreuses années consacrées àl’ascèse, de partir en chine d’ou il reçu de son maître Keika Aajari (houei kuo) la doctrine bouddhiste ésotérique chinoise, ce vers 804. La lignée de transmission donnée par la tradition Shingon est la suivante Mahavairocana, Vajrasattva, Nagarjuna, Nagabodhi, Vajrabodhi, Amoghavajra, Houei Kuo et Kukaï.

De retour au Japon Kukaï structura cet enseignement sur le plan doctrinal et lui donna le nom de Shingon-Shu, qui signifie école de la vraie parole. Le nom Shingon est la traduction d’un mot d’origine sanscrite "mantra" qui signifie "instrument de pensée". Kobo Daishi choisi de donner le nom de Shingon àson école, car l’usage des sons sacrés est un des points essentiels de son enseignement. D’après le texte Shoigyo, le Shingon Dharani Shu est l’enseignement très secret de la parole sacrée du Bouddha en état d’illumination.

Il est a noter qu’en chine l’école ésotérique déclina peu après, suite a une persécution organisée par un empereur manipulé par le clergé taoïste, une partie de cette enseignement survécue dans le Mi Tsung chinois, l’école des secrets et une autre fut réintroduit ultérieurement en chine par des empereurs mongols liés a des lignées tibétaines.

Très syncrétique le Shingon réunit deux pratiques qui étaient àl’époque séparées, celle du mahavairocana tantra et celle du yoga tantra les considérant comme deux faces d’une même médaille ou deux aspect de la réalité, monde phénoménal, monde de l’esprit, les considérant comme une et non duelles. Très vite les divinités shinto furent bouddhéisés et considérées comme l’émanation de boddhisattvas ce qui donna naissance a une pratique appelée le Ryobu shinto et àl’interpénétration des pratiques shinto au sein du bouddhisme et bouddhiste au sein du shinto. Très présent dans la vie japonaise le Shingon compte plus de 12000 temples, chaque temple est dédié a un bouddha, un boddhisattva, voir un déva particulier, les plus vénérés étant Vairocana, le bouddha de médecine, Amida, ou encore Achalanatha principal protecteur au japon mais cela peut aussi être Rajagara, Ganesh, Sarasvati, Mahakala, Vaisravna qui sont priés par les japonais pour des buts principalement mondains, protection, santé, obtention de biens matériels etc. La pratique se divise en pratique mondaine ou extra mondaine, mondaine elle vise aux bien de ce monde et supra mondaine àl’accomplissement de la siddhi suprême, l’illumination en une vie, « Sokushin Jobutsu  ». Les quatre rituels principaux pratiqués par les moines Shingon sont le juatchido ou rituel des 18 mudras, le rituel du mandala du taizokai (la matrice) celui du kongakai (le vajra) et les rituels de feu (goma) extrêmement répandu et couramment exécutés au japon, pays traditionnellement au contact des éléments comme l’on peut le voir avec les ascèses sous les cascades exécutées hiver comme été.

La méditation qui n’est pas sans analogie avec le dzogchen utilise en support la lettre A dessinée en Siddham et posée sur un lotus, ce dans une lune blanche ce détachant sur un fond noir.

De nombreux textes décrivent cette méditation très pratiquée dans le tantrisme japonais et considérée comme le cœur de la méditation Shingon.

Janvier 2001



Bouddh@rama


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