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Les principes du Zen pour combattre le sida par Gustav Niebuhr

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Les principes du Zen pour venir combattre le SIDA

Interrogé (dans le cadre d’un colloque inter-religieux parrainé par la Maison Blanche) sur la manière dont les pratiquants et les communautés religieuses pourraient venir en aide aux malades du SIDA, Maître Thich Nhat Hanh nous fait part de son expérience.

Par Gustav Niebuhr

Le New York Times

New York le 2 décembre 2000

LES PRINCIPES DU ZEN POUR COMBATTRE LE SIDA

Selon Maître Thich Nhat Hanh

Par Gustav Niebuhr

Parmi tous les maîtres bouddhistes connus en occident, Thich Nhat Hanh occupe une place prépondérante. Vietnamien exilé en France, à74 ans il est l’auteur de nombreux ouvrages et un visiteur régulier des Etats-Unis, où il donne de nombreuses conférences et dirige des retraites.

Sa mission principale consiste àencourager les gens àpratiquer « la pleine conscience  », un processus de transformation personnel et social àtravers le développement de la compréhension et de la compassion. Pour lui, la pratique de la « pleine conscience  » signifie une conscience précise du moment présent.

Mais cette semaine, Thich Nhat Hanh s’est attaché àexpliquer comment les principes qu’il enseigne peuvent être mis en œuvre pour lutter contre le SIDA. Il était l’un des 75 leaders religieux – dont une majorité venaient d’Asie et d’Afrique – invités àun colloque parrainé par la Maison Blanche. Au programme de la réunion : examiner comment les communautés religieuses peuvent contribuer àéradiquer le fléau en formant des militants de la lutte contre la maladie et en envoyant des travailleurs sociaux sur le terrain.

Dans une interview donnée àson hôtel jeudi, Thich Nhat Hanh discuta des aspects de la maladie, sa prévention, ce que l’éducation publique peut entreprendre, et ce qui peut être mis en oeuvre pour venir en aide àceux qui sont atteints ; le tout dans une perspective bouddhiste et inter-religieuse.

Le point de départ, c’est le développement d’un sentiment de solidarité pour informer les gens sur la maladie et assurer un soutien àceux qui l’ont développée.

Thich Nhat Hanh préconise la constitution d’un groupe au sein de chaque communauté religieuse pour discuter des dangers du SIDA et de la souffrance qu’il engendre ; il convient également d’encourager les gens àprendre conscience de la souffrance au niveau personnel.

La reconnaissance de la souffrance et la compréhension de son origine sont les deux premières des quatre « Nobles Vérités  » de l’enseignement du Bouddha, un enseignement qui remonte au tout premier discours du Bouddha.

Depuis qu’il a quitté le Vietnam du Sud en 1966 pour une mission de paix aux Etats-Unis, Thich Nhat Hanh vit en exile en France. Son retour au pays natal lui a été interdit par le précédent gouvernement du Vietnam du Sud, puis par les communistes qui ont pris le pouvoir en 1975. Ses livres sont toujours interdits au Vietnam.

Un des projets sur lequel il travaille depuis la fin de la guerre du Vietnam – et qu’il a mentionné pendant la conférence sur le SIDA pour illustrer ce qui pouvait être accompli – est le dialogue qu’il a ouvert avec les vétérans américains qui ont servi pendant la guerre du Vietnam. Il encourage ceux qui se sentent blessés, physiquement ou psychologiquement, par le conflit, àse faire les agents de la réconciliation. Il a incité les vétérans àdevenir des « bodhisattvas  », des êtres éveillés qui pratiquent les vertus bouddhiques pour aider àl’émancipation des autres. « Ceux qui ont été touchés par le feu de la guerre ont un rôle publique àjouer en témoignant contre l’horrible cruauté de la guerre  », a-t’il déclaré.

Il a poursuivi en disant qu’on pouvait envisager un scénario similaire dans la lutte contre le SIDA : « les gens atteints peuvent, s’ils le désirent, porter témoignage sur la maladie et développer leur compassion pour ceux qui en sont malades. Ils peuvent nourrir en eux l’idéal du bodhisattva  ». Reconnaître une telle possibilité donne àsa vie une signification qui engendrera une transformation.

Dans son enseignement de la pleine conscience, Thich Nhat Hanh met en avant la pratique des cinq entraînements : respect de la vie, générosité envers les autres, responsabilité sexuelle, une écoute profonde et une parole aimante, et une attention particulière àce qu’on consomme comme boisson, nourriture, mais aussi comme « culture  ».

Dans la pratique de la pleine conscience réside le fondement pour des relations sexuelles saines qui évitent la transmission de l’HIV, le virus responsable du SIDA.

« Nous croyons que l’amour véritable est indissociable d’une pratique de la pleine conscience  » a-t’il ajouté. « On est conscient de ce qui se passe et des conséquences engendrées par nos actes. Aimer signifie se protéger, protéger sa famille et la société.  »

Traduction : Daniel Milles








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