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> Bouddhisme > Essais


La porte de la montagne

Quatre contes d’après le recueil « En ramassant des feuilles de l’arbre Bodhi  » du moine Thich Thanh Tu

Par Khoa Nguyen

D’après le recueil « En ramassant des feuilles de l’arbre Bodhi  » du moine Thich Thanh Tu

LA PASTEQUE MURE

Taiyo Kyogen se rend au potager, il interroge le jardinier qui est en train de planter des pastèques.

— Les pastèques sont-elles mà»res ?

— Y en a qui sont mà»res.

— Choisis en une belle pour la déguster.

— Qui est-ce qui va la déguster ?

— Quelqu’un qui ne vient pas dans le potager.

— Qui sait s’il la mangera ou pas ?

— Le connais-tu ?

— Même si je ne le connais pas, je ne pourrai pas la lui refuser.

HOMMES ET FEMMES

Le Bouddha explique que huit fils attachent les hommes aux femmes et réciproquement :

- La beauté

- Les rires

- Les paroles

- La voix chantante

- Les larmes

- Les vêtements

- Les cadeaux

- Le toucher.

A-t-il oublié les sentiments ?

Où SE TROUVE LA VOIE ?

Nansen, Kisu et Mayoku vont rendre visite au maître national Nanyo. En chemin Nansen dessine un rond par terre et déclare :

— Si on peut répondre, on y va. Sinon on rentre.

Kisu pénètre àl’intérieur du cercle et s’assoit en méditation. Mayoku se prosterne àla manière d’une fidèle laïque.

Nansen crie : « Ã‡a suffit.  »

Tous les trois retournent auprès de leur maître Baso.

LE FILS DE FAMILLE

Nan’in demande àson disciple Fuketsu :

— Juste avant de mourir, Rinzai déclare : « Qui aurait pu deviner que mon Trésor de l’Oeil de la Vraie Loi s’éteindrait avec cet âne aveugle.  » D’habitude il était débordant d’énergie, pourquoi se montre-t-il si déprimé et si pessimiste ?

Fuketsu explique :

— Tout a été dit, il n’a plus de secret àtransmettre.

Nan’in s’étonne :

— Pourquoi Sansho non plus ne dit rien ?

Fuketsu commente :

— Le fils de famille a reçu l’héritage, il ne faut pas le comparer avec des amis en visite.

Fuketsu s’identifie donc clairement au fils de famille, Nan’in approuve de la tête.

PIEGES ET FARCES

Pour ôter àses disciples leurs illusions, un maître tranche dans le vif :

— Vimalakirti reste assis en silence, Manjusri fait son éloge, on peut enseigner autrement. Le Bouddha montre la fleur, Mahakasyapa sourit, c’est donner du poison amer. Neuf années Bodhidharma regarde le mur, c’est infantiliser les descendants. Au milieu de la nuit Hung-Jen transmet la robe àHui-Neng, c’est tromper la postérité. Ma-Tsu prétend que l’esprit c’est le Bouddha, il attend au pied de l’arbre un autre lièvre. Pan-Shan affirme « Ni esprit ni Bouddha  », il délaie la boue dans l’eau. Des vues pareilles précipitent notre école dans la décadence et tuent nos lignées.

Presque la même véhémence que Rinzai et Tokusan !

Avril 2001



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